Nous vivons dans un monde fait de bleu. Si bleu que nous en avons fait l’un des surnoms de notre planète.

 

L’eau définit notre monde de bien des façons : les océans nous entourent, les rivières parcourent les paysages, les icebergs promènent leurs formes étonnantes dans les régions polaires… La pluie crée la vie et nous permet de vivre. Sans eau, la vie ne pourrait pas exister. Ce liquide est précieux pour tous les être de notre planète. Notre quotidien est forgé par son existence.

 

Toute ma vie, l’océan m’a fasciné et inspiré. Je vis sur un île (la Grande-Bretagne), et la côte n’est donc jamais bien loin, physiquement ou dans mes pensées. Ma mémoire est peuplée de souvenirs d’enfance vécus sur le littoral. Tous ceux et celles qui vivent là connaissent eux aussi ces souvenirs, à la fois distants et présents. Le lien qui nous unit à la mer évoque le bien-être, l’étonnement et parfois même la peur.

 

Du point de vue photographique, j’aborde chaque séance de manière différente en fonction des conditions que m’offre le moment. Dans l’hémisphère nord où je vis, les mois d’hiver nous offrent une ambiance agitée et dramatique, et l’été est plus propice au calme et à la tranquillité. Chaque saison offre des possibilités créatives uniques aux photographes et leur permet de capturer des moments spéciaux. J’ai toujours trouvé que l’eau était une bonne source d’inspiration en photographie. Ses formes et ses textures ont un attrait extraordinaire.

 
 

 
 

J’ai une préférence personnelle pour la photographie de l’eau pendant les tempêtes. Ces conditions sont difficiles pour la photographie, mais les efforts nécessaires sont récompensés par les images produites. La violence du vent et de la pluie peut s’avérer intimidante. Il m’est souvent arrivé d’envisager de revenir sur mes pas pour retrouver le confort et la chaleur de ma maison avant même d’arriver à ma destination. Mais nous sommes entraînés vers l’avant par notre quête de la photo parfaite.

 

J’adore photographier l’eau, tout particulièrement les vagues. Au cours des trois dernières années, c’est devenu presque une addiction. Il m’arrive d’essayer de changer de paysage en allant en forêt. Mais bien souvent, je termine malgré tout sur la côte. Les vagues peuvent être envoutantes, presque hypnotiques.

 

Et une tempête hivernale offre un spectacle incroyable. La plupart des images que vous voyez ici ont été capturées dans ces conditions. En hiver, l’océan Atlantique nord peut avoir une activité frénétique. Des systèmes de basse pression se développement avant d’arriver sur la côte ouest du Royaume-Uni.

 
 

 
 

Il est important de rester à jour de ces prévisions et de suivre l’évolution de ces tempêtes à mesure qu’elles se produisent. C’est cette connaissance qui permet de se rendre à l’endroit idéal lorsque la tempête arrive. L’état du ciel est également important. Les nuages seront-ils sombres ? Les rayons du soleil parviendront-ils à passer ? Ces conditions exercent une influence sur l’apparence de l’eau elle-même. Les jours offrant des éclaircies sont parfaits pour capturer toute la vitalité des couleurs. Les motifs brillants peuvent également être photographiés de manière idéale lorsque le soleil est au rendez-vous. Au contraire, des cieux présentant un aspect dramatique donnent à l’océan une apparence lugubre. Ce sont mes jours préférés pour la photo.

 

La nature a le don de nous attirer et de nous rendre plus humbles. Bien souvent, nous nous perdons dans le moment. La photographie est un outil puissant qui offre de nombreuses possibilités créatives. Sur un appareil, c’est la vitesse d’obturation qui offre l’outil créatif principal Nous pouvons l‘utiliser pour ajouter du flou ou, au contraire, arrêter le mouvement. Il est toujours utile de tester ces deux techniques sur place pour profiter d’une grande diversité de résultats. Si vous photographiez dans des conditions très lumineuses, vous devrez utiliser un filtre pour permettre à votre appareil d’atteindre des vitesses d’obturation plus lentes. Les filtres ND sont idéaux pour cela.

 
 

 
 

Si nous, en tant que photographes, rêvons souvent de conditions parfaites, il arrive souvent que la nature ait d’autres projets… Et il est très facile de d’adopter un état d’esprit négatif lorsque les choses ne fonctionnent pas comme nous l’espérons. Il est important de rester positif et de maintenir le flux créatif. En nous adaptant aux conditions réelles, nous nous ouvrons d’autres opportunités.

 

Voici un exemple concret : bien souvent, la photographie de tempêtes doit s’accommoder des nuages sombres et de pluie. Cela peut poser un problème dans l’utilisation de vitesses rapides : nous n’avons en effet pas beaucoup de lumière. On peut, bien sûr, augmenter les ISO ou l’ouverture pour compenser. Ces deux solutions ont des inconvénients : perte de profondeur de champ ou augmentation du bruit dans l’image. J’ai donc tendance, dans cette situation, à opter pour une exposition plus longue.

 
 

 
 

Parfois, les tempêtes n’arrivent pas au moment attendu. Plutôt que de rentrer déçu, je préfère alors photographier la texture de l’océan, ou trouver de petits détails à l’aide d’un téléobjectif. Quelles que soient les conditions, il y a toujours quelque chose à capturer. Il faut seulement parfois chercher un peu plus loin. La couleur joue un rôle important dans mon travail photographique, et je m’appuie sur les produits Datacolor pour atteindre un bon équilibre dans mes images.

 

L’eau est vraiment une source d‘inspiration pour mon travail photographique. Lorsque nous nous immergeons dans notre travail, nous pouvons y découvrir des possibilités infinies. Et l’eau nous offre de nombreuses occasions de le faire. Au cours des dernières années, j’ai acquis une forme de fascination pour ce sujet. J’espère que je saurais vous la transmettre.

 

 
 

A propos de l'auteur – Mark Dobson

 

Basé dans l'extrême sud-ouest des Cornouailles (Royaume-Uni)

 

La photographie est pour moi une carrière et une passion à plein temps. J'ai débuté ma carrière professionnelle en février 2018. Jusqu'à présent, mes images d'océans ont été publiés dans des magazines photographiques nationaux, exposées dans une galerie londonienne et ont été récompensées lors d'un concours national (Coastal View Winner 2019 - Shipwrecked Mariners Ultimate Sea View Awards)

 

Vous me trouverez souvent près de la mer. J'organise également des workshops photographiques sur les côtes de Cornouailles au Royaume-Uni, et dans différentes régions du monde. Je travaille actuellement avec d'autres photographes britanniques spécialisés comme moi dans les paysages marins et je cherche à étendre mes workshops.

 

Genre photographique : Vagues et paysages marins

   

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Comment avez-vous débuté dans la photographie ?

 

Même si j’ai probablement fait mes premiers pas sur les appareils analogiques de mon père et de mon grand-père, qui étaient de véritables passionnés et prenaient des photos lors de leurs nombreux voyages autour du monde, je n’ai réellement appris à aimer la photographie qu’aux alentours de mes 20 ans. Mes parents sont respectivement biologiste et géographe et aiment beaucoup voyager. J’ai donc pu les accompagner dans toute l’Europe lorsque j’étais enfant, et j’ai continué lorsque je suis devenu indépendant, pendant mes études universitaires. Je suis allé au Japon et aux États-Unis, j’ai traversé les Alpes en voiture, exploré la péninsule ibérique. J’étais déjà fasciné par l’iconographie des paysages sauvages que je trouvais sur les couvertures des albums de métal que j’écoutais, ou dans les numéros de National Geographic que mon père conservait à la maison. J’ai donc commencé à emporter l’appareil de mon père lors de mes voyages et à partir à la recherche de lieux extraordinaires. Et mon envie de voyager s’est encore développée avec le temps. Au cours de mes années d’études en sciences des médias, j’ai investi beaucoup de mon temps dans la photographie, tant à l’université que sur mon temps libre. Après avoir obtenu mon diplôme, je suis rapidement devenu indépendant, tout d’abord en m’appuyant en parallèle sur un emploi alimentaire, et aujourd’hui à plein temps.

 

Quel type de photographie prenez-vous et qu’est-ce qui vous a motivé à vous concentrer sur ce genre ?

 

Je ne connais pas de meilleure sensation que d’être seul, loin de chez soi, immergé dans un paysage, et d’essayer de capturer l’exaltation ressentie à l’aide d’un appareil photo. J’aime la nature et la solitude. C’est pourquoi je suis, fondamentalement, un photographe de paysages, même si on peut parfois me croiser en ville lorsque je n’ai pas la possibilité de partir loin de chez moi. Je vis dans la région la plus peuplée d’Europe, et le voyage est donc une nécessité pour mon travail.

 

La photographie de paysage combine beaucoup d’aspects très intéressants pour moi : le défi physique que représentent la marche et l’exploration de lieux inconnus, la composante artistique, et une dimension technique du point de vue de l’équipement et du traitement des images. Ce type de photographie s’adapte à mes envies et à mon humeur, et m’offre toujours ce dont j’ai besoin. Ça peut être une poussée d’adrénaline, lorsque j’essaie de photographier une plage quelque part le cercle arctique, un test de mes limites physiques lors de randonnées en haute montagne, ou une simple session d’édition, tranquille, chez moi, avec une bonne IPA et quelques bougies.

 

Enfin, je rencontre très souvent d’autres photographes de paysages passionnés avec lesquels il est très facile d’avoir une conversation et passer un bon moment. J’ai croisé des gens incroyables au cours de mes voyages, sur Internet et pendant les workshops et séminaires que j’anime. Tous ces gens rendent la photographie de paysages encore plus agréable !

 

 

Quel a été le plus grand accomplissement ou le plus grand obstacle que vous ayez rencontré dans de votre parcours ?

 

D’un point de vue strictement photographique, mon plus grand accomplissement a sans doute été l’expédition de 8 jours que j’ai menée le long du Drakensberg, à la frontière entre l’Afrique du Sud et le Lesotho, avec certains de mes meilleurs amis. La météo était parfaite et malgré les 3000 m d’altitude moyenne et les 27 kg de bagage et d’équipement que je portais sur le dos, j’ai pu prendre des photos extraordinaires dans des paysages qui semblaient appartenir à un autre monde. Ces images ne m’ont peut-être pas apporté énormément d’argent et ont à peine remboursé le voyage, mais d’un point de vue personnel, j’ai beaucoup grandi.

 

Le plus grand défi que je rencontre est sans doute de réussir à m’intéresser aux petites choses et aux situations où la lumière n’a rien de spectaculaire. J’ai eu la chance de voir des choses incroyables au fil des ans, et je me sens parfois un peu blasé. Je suis très attiré par les lieux exotiques, difficiles d’accès. Mais le Covid a fait que j’ai passé plus de temps à photographier en Europe au cours des deux dernières années. C‘est déjà une sorte de confinement pour moi, et je préférerais être déjà dans le prochain avion qui m’emmènera loin. Cela dit, il y a énormément de belles choses à voir et à photographier, même en Allemagne et aux alentours. Je crois qu’une des plus grandes difficultés pour moi est de prendre le recul nécessaire, d’arriver à voir les petites choses qu’on néglige souvent, et de trouver la créativité nécessaire pour travailler sur ces sujets. Je cherche déjà le prochain grand projet qui m’occupera après le Covid, mais d’ici là, je dois réapprendre à aimer photographier plus près de chez moi.

 

 

Par qui ou par quoi êtes-vous le plus inspiré ?

 

Bien entendu, je regarde énormément le travail de mes collègues, et je mentirais si je disais que je ne suis pas inspiré par le travail d’artistes aussi exceptionnels qu’Alexandre Deschaumes, Marc Adamus ou Sandra Bartocha. Mais en définitive, ce sont les paysages eux-mêmes qui me poussent à sortir de chez moi et à partir à la recherche de nouvelles images. Quand, après avoir parcouru d’innombrables sentiers forestiers, je me retrouve près d’un ruisseau au creux d’une vallée alpine, ou au sommet d’une montagne face à un paysage qui n’a encore jamais été capturé par un photographe, je suis vraiment heureux. C’est pour cela que je passe des soirées entières à étudier les cartes et les données satellites, à la recherche de panoramas et de lieux qui sauraient me parler. Je continue par ailleurs de m’impliquer dans la scène rock et métal, puisque je joue dans un groupe depuis maintenant 15 ans. Je lis également beaucoup de textes, de paroles et de poèmes qui utilisent des métaphores liées à la nature et aux paysages de l’âme, en plus de livres issus de la littérature de voyage et de la science-fiction. Je crois que tout cela vient alimenter ma soif inextinguible d’expériences et de lieux nouveaux.

 

Quelle est votre démarche ? Existe-t-il un aspect que vous cherchez à réaliser lors de vos prises de vue (par exemple, créer certaines émotions, etc.), ou y a-t-il des techniques spécifiques que vous utilisez ?

 

C’est difficile à dire. Je ne réfléchis pas trop à l’aspect qu’aura l’image lorsque je la prends en photo. Je suis généralement trop occupé à profiter de la lumière et à peaufiner ma composition. Je crois que je cherche à capturer l’ambiance, la lumière, l’atmosphère et mon expérience de manière aussi authentique que possible. C’est pour cela que je recherche des paysages qui m’attirent à titre personnel, quel que soient l’aspect qu’ils ont pour le monde extérieur. Je n’utilise rien de spécial lorsque je photographie. Je travaille avec un appareil plein format, différentes longueurs de focales, systèmes de filtres et bracketing d’exposition. Rien que de très banal.

 

Si mon travail photographique a une forme d’identité – et c’est bien entendu aux personnes qui voient mes photos d’en juger – c’est sans doute parce que je passe beaucoup de temps sur le repérage, comme je l’ai déjà mentionné : j’utilise des cartes et des données satellite et je travaille énormément sur mes compositions lorsque je suis sur place. Ce faisant, j’essaie en permanence de m’améliorer et de trouver la prochaine image qui se retrouvera accrochée sur mon mur (ou chez un client !).

 

 

Pourquoi la précision des couleurs est-elle importante dans votre travail ?

 

Je travaille régulièrement pour des magazines et je réalise des tirages d’art pour certains clients. La gestion des couleurs revêt donc une importance particulière dans mon travail. Si les clients veulent m’acheter un tirage de très bonne qualité, je dois utiliser le bon espace colorimétrique et pouvoir l’afficher sur mon cran dès les premières étapes de mon travail de traitement, pour que les réglages de contraste et de couleurs soient correctement reflétés à l’impression et que l’image ait tout l’éclat que j‘avais l’intention de lui donner lorsque j’ai appuyé sur le déclencheur. L’étalonnage de mon moniteur tient donc une place centrale dans mon travail de traitement des images et d’épreuvage.

 

 

Des conseils ou des astuces pour les photographes qui débutent leur carrière ?

 

Ne passez pas trop de temps à suivre d’autres photographes, particulièrement sur les réseaux sociaux. Découvrez plutôt leur travail dans leurs livres ou sur leurs propres sites. Comparer votre propre travail à celui de photographes qui disposent de meilleures ressources financières que vous, ou d’une plus grande expérience, peut créer des sentiments négatifs. Nous ne partons pas tous du même point, et nous sommes un certain nombre à devoir travailler un peu plus pour réussir. Ne vous plaignez pas, cela n’aide en rien. Contentez-vous de continuer, sans vous laisser distraire par les projets que d’autres photographes sont capables de réaliser parce qu’ils ont plus de vitamine B ou plus d’argent et dont vous-même n’oseriez même pas rêver. Rêver, c’est bien et c’est important. Mais travailler c’est encore mieux ! C’est la seule façon d’atteindre ses objectifs, ne serait-ce que par étapes. Il y a quelques années, je n’aurais jamais pu imaginer être sur la route 20 semaines dans l’année, ce qui va pourtant être le cas en 2022, que j’organiserais des voyages, que j’écrirais dans des magazines ou que je travaillerais avec des partenaires. Vous arriverez là où vous le désirez en aimant profondément ce que vous ai faites et ce que vous voulez montrer au monde.

 
 

A propos de l'auteur – Nicolas Alexander

 

Nicolas Alexandre Otto (*1987) prend des images depuis 15 ans. Depuis 2016, il enseigne la photographie et le post-traitement dans plusieurs structures publiques et privées.

 

Il écrit pour différents magazines spécialisés, et son travail a été présenté dans le cadre de plusieurs expositions internationales. Il photographie dans les zones qui présentent une tension entre paysages sauvages et jungles urbaines, entre l’Humain et la nature. Sa soif de nouvelles expériences est intarissable et le pousse à l’aventure, lui permettant de capturer des moments uniques.

 

Dans un monde toujours plus rapide et plus agité, ces images sont un havre de quiétude pour le spectateur. Qu’il s’agisse d’expositions longues capturées sur le littoral, de photos de nuit prises en montagne, du crépuscule tombant sur un paysage urbain ou de l’aube éclairant la forêt, Alexander veut immortaliser les moments les plus fugaces avec précision et perfectionnisme pour enrichir la vie des autres.

 

Type de photographie : Photographie de paysages

   

Nous avons un dicton ici, en Norvège : il n’y a pas de mauvais temps, juste de mauvais vêtements. Je ne sais même plus combien de fois je l’ai entendu lorsque j’étais enfant. À l’époque, le blizzard ou le froid glacial n’étaient pas une raison valable pour ne pas aller à l’école. Tu mets une couche supplémentaire, et c’est parti !

 

Les trajets à pied, au retour de l’école, par les journées d’hiver les plus difficiles, comptent parmi mes meilleurs souvenirs d’enfance. Dans ces températures polaires, le monde paraissait notre terrain de jeu. Le chemin était long pour rentrer chez nous, et traversait souvent des champs et des forêts où nous construisions nos petits châteaux de neige. Le temps passait vite et nous rentrions souvent transis. Mais cela n’avait aucune importance. Nous avions vécu l’aventure.

 

Lorsque je repense à mon enfance, je réalise la chance que j’ai eu de grandir près de la nature, dans une famille qui partait régulièrement en montagne pour randonner, pêcher, skier, camper, etc.

 

L’adoption très jeune de cet état d’esprit selon lequel « Il n’y a pas de mauvais temps » m’a façonné en tant que photographe et que personne. J’ai appris à apprécier les climats les plus difficiles et à voir la beauté dans les moments où la plupart des gens préfèrent rester devant leur cheminée.

 

 

C’est sans doute pour cela que j’ai déménagé de plus en plus au nord au fil du temps, et que j’habite désormais au-dessus du cercle polaire. Un lieu où le soleil ne se lève pas pendant l’hiver et ne se couche pas pendant l’été. Un lieu où, au moment où j’écris ces lignes, le soleil se cache derrière une épaisse couche de nuages de pluie depuis maintenant trois semaines.

 

Pour un photographe de paysages, c’est un climat très intéressant à capturer. La photographie, et l’art en général, implique souvent de sortir de sa zone de confort et de se mettre activement en difficulté. C’est plus gratifiant, non seulement pour soi, en tant que créateur, mais également pour la personne qui visionnera la photo. Les images qui transmettent une histoire tendent à se démarquer. Et les images qui transmettent les meilleures histoires sont souvent celles pour laquelle vous avez dû lutter.

 

C’est l’un des principaux sujets sur lesquels je me concentre lorsque j’enseigne la photographie de paysage. Dès que vous êtes trop à l’aise, votre créativité marque une pause. Tout devient une routine.

 

 

Je vous encourage à aborder un paysage avec l’état d’esprit d’un enfant. Restez curieux. Soyez prêt à l’inconfort.

 

Certaines de mes images préférées ont été réalisées à des moments où j’aurais très largement préféré être sur mon canapé, avec une tasse de chocolat chaud et un bon film plutôt que de sortir affronter le froid, la pluie battante ou le blizzard.

 

L’image ci-dessous en est une bonne illustration. Elle a été capturée début juin, dans un lieu isolé des îles Lofoten. La température était d’environ 0°C, et un mélange de neige et de pluie tombait, nous mouillant jusqu’aux os. Mais nous avons voulu poursuivre notre marche. Nous planté nos tentes et sommes partis vers une zone où peu de gens sont allés – un lieu éloigné des sentiers et de toute vie humaine. C’est la curiosité et le sens de l’aventure qui nous guidaient. Nous espérions capturer une image qui justifierait tous ces efforts.

 

 

Je me souviens clairement de ce moment : mes jambes fatiguaient, mes pieds étaient trempés et mon moral commençait à baisser. Tout cela paraissait très compliqué, avec le risque de ne rien obtenir, à part un coup de froid. Je me suis assis et j’ai pris une minute pour observer les environs. C’est alors que l’enfant en moi m’a chuchoté « Et si on allait voir ce qu’il y a derrière cette colline ? » C’était exactement ma manière de penser étant enfant. Et il s’avère que des années plus tard, elle reste toujours valide.

 

Que vous soyez photographe, graphiste, artiste numérique ou que vous ayez une autre activité créative, je vous conseille fortement d’approcher votre travail avec cet état d’esprit enfantin. Ne vous limitez pas en cherchant à faire les choses parfaitement. Embrassez votre curiosité et demandez-vous « Et si ? ». Parfois cela paie. Parfois non. Le seul moyen de le savoir est d’essayer.

 

 

Enfin : n’oubliez pas qu’il n’y a pas de mauvais temps : juste de mauvais vêtements.

 
 

A propos de l'auteur – Christian Hoiberg

 

Je m'appelle Christian Holberg et je suis un photographe norvégien spécialisé dans les paysages. La nature et la photographie sont pour moi un moyen de décompresser, et j'aime vous emmener avec moi dans les endroits célèbres ou inconnus que je visite.

 

Je suis actuellement basé aux îles Lofoten, bien connues pour leurs paysages de montagne, que j'aime à explorer et photographier. Lorsque je ne suis pas en train de travailler à un projet personnel ou d'organiser un workshop quelque part dans l'Arctique, je suis devant mon ordinateur pour préparer des contenus éducatifs que je partage avec les lecteurs de CaptureLandscapes.

 

Type de photographie : Photographie de paysages

   

Le photographe de paysages et Friend with Vision David Fieldhouse évoque avec nous le rôle du mouvement dans la photographie – depuis la capture de l’immobilité parfaite d’un moment dans la nature jusqu’au dynamisme effréné d’un paysage urbain.

 


 

En tant que photographe de paysage, je me suis longtemps beaucoup préoccupé de la netteté de mes images, des détails les plus proches du premier plan jusqu’aux sommets lointains. Tout concept impliquant du mouvement m’apparaissait étranger : pour obtenir ce que je désirais, j’avais l’habitude d’attendre que le vent cesse de souffler pour que les branches des arbres restent immobiles, d’augmenter ma vitesse d’obturation pour « fixer » les nuages, etc. Mais lorsque j’ai commencé à m’intéresser aux paysages urbains, l’immobilité m’a soudain paru inadaptée.

 
 


 

Avec son trafic, ses foules, et même les changements de ses néons publicitaires, une ville offre une dynamique complètement différente de celle qu’on ressent lorsqu’on s’assoit au-dessus d’une vallée, à attendre patiemment que la lumière du soleil atteigne un arbre dans le lointain (arbre sur lequel vous avez soigneusement basé l’ensemble de votre composition).

 

Il existe de nombreuses techniques pour capturer ce rythme effréné. Mais parmi celles que je préfère, particulièrement la nuit, il y a ce que j’appelle « l’exposition modérément longue ». Je ne parle pas d’une minute ou deux, ni même de trente secondes. Tout bouge si vite en ville qu’il ne resterait aucune trace des formes. Or, je veux que le spectateur sache ce qu’il regarde, au-delà d’une simple ligne claire sur une page. Pour cela, la plupart du temps, une ou deux secondes suffisent.

 
 


 

Cette technique, parfois appelée « traînées lumineuses » divise la communauté des photographes. Elle est souvent employée par les amateurs débutants, qui cherchent à comprendre l’effet de la vitesse d’obturation sur l’image finale. Avec l’arrivée des appareils numériques, elle est devenue plus simple, car les résultats s’affichent instantanément sur l’écran LCD du boîtier. Aujourd’hui, cette technique est même possible sur les smartphones. Nous avons donc tendance à en voir de nombreux exemples sur les réseaux sociaux. Certains sont fantastiques, d’autres moins. C’est sans doute pour cela que cette tendance – comme n’importe quelle tendance – est souvent considérée comme une simple mode, et désapprouvée par les puristes.

 
 


 

Je crois qu’utilisées avec parcimonie, les traînées lumineuses peuvent être très amusantes à réaliser. Et c’est ce que 90 % des photographes attendent de leur activité. Hormis le trépied, aucun équipement supplémentaire n’est nécessaire, et les traînées lumineuses peuvent offrir une perspective unique sur un scène. Une fois que vous avez altéré la réalité en arrêtant le temps (ou en le ralentissant), vous pouvez faire ce que vous voulez sur votre image finale.

 
 


 

Peut-être allez-vous modifier ses tons pour la rendre plus cinématographique. Peut-être allez-vous changer toutes les couleurs, ou ajouter du contraste. Vous n’êtes plus obligé de présenter la réalité du paysage au spectateur : vous pouvez désormais utiliser des techniques qui altèrent le réalisme pour montrer une image inaccessible à l’œil humain. Évitez d’utiliser les traînées lumineuses pour rendre plus attrayante une mauvaise composition. Travaillez plutôt à produire une excellente composition qui offre une image statique que vous aimez, puis testez ce qui arrive lorsque vous ajoutez un peu de mouvement avec le passage d’un véhicule et une vitesse d’obturation plus lente. En vous y prenant bien, vous pourrez presque entendre les bruits de la circulation et les sirènes dans le lointain.

 
 

About the Author – Dave Fieldhouse

 

I took up photography towards the end of 2012 and haven’t looked back since. I purchased my first DSLR and undertook an online diploma to learn the basics. Since then I have spent as much time practising, exploring and taking shots. Time is however precious and I find juggling work, family and outings with the camera sometimes tricky, so when I don’t have time to escape up a hill somewhere you will often find me with my nose buried in a photo book or magazine.

   

 

Le printemps a toujours été ma saison préférée. L’abondance emplit les arbres de fleurs, de couleurs, de parfums… Les fleurs éclosent dans chaque prairie et les visages arborent un air de joie. La chaleur est revenue et la nature envahit les paysages, comme chaque année. La neige fond peu à peu – même si elle se maintient chez moi jusqu’à juin – et les lacs se remplissent à nouveau. C’est ainsi que me revient l’envie de photographier les paysages et de me lancer dans de nouveaux projets de sorties pour découvrir de nouveaux lacs alpins. Sans même m’en rendre compte, je suis saisie d’une folle envie de capturer des images sur les pentes immenses des montagnes.

 

 

Sans la moindre sollicitation, je suis prête à sortir de chez moi et à aller profiter de toutes les possibilités qu’offrent la fonte des glaces et les températures plus clémentes. Et en particulier l’escalade ! Si l’hiver permet le ski et l’ascension des glaciers, le plaisir pur de l’escalade, se fait chaque année plus pressant. Et parmi les essentiels pour une bonne journée de photo et d’escalade, on doit compter sur ses amis : pour escalader en cordée, vous avez besoin d’au moins une autre personne qui vous assure. Mais avec trois personnes ou plus, la tâche est encore plus facile, et vous avez un sujet à photographier lors de l’ascension. Dans les dernières heures de la journées, vous pouvez explorer de nouveaux endroits et utiliser la lumière chaude pour créer des images fantastiques.

 

Pour ce type de photos, je vous conseille d’avoir une bonne relation avec vos amis / modèles, afin de pouvoir les positionner dans des endroits qui offriront de belles compositions, ou même de planifier les lieux à l’avance. C’est une bonne pratique à appliquer à toutes les photos de paysage que vous prenez au cours de l’année. Essayez de toujours étudier l’endroit et la lumière, et de déterminer les lieux où le sujet se démarquerait de son environnement.

 

 

J’ai par exemple organisé, il y a deux ans, une randonnée autour d’un lac dans ma région. Je savais qu’elle m’offrirait des clichés incroyables, car la fonte des abondantes neiges de montagne avaient formé un plan d’eau dans lequel les Dolomites se refléteraient. Nous avons également prévu la sortie pour qu’elle coïncide avec la pleine lune. Dès que le soleil s’est couché, tout était là : les premières étoiles, la lune qui se lève… Nous avons utilisé une petite radio pour communiquer avec le sujet : « Ne bouge pas pendant deux secondes…3, 2, 1… C’est bon ! » Les clichés capturés étaient incroyables. Une autre fois, nous avons profité d’une lumineuse journée de printemps pour visiter un petit lac niché au cœur des Dolomites. Après quelques tests, j’ai obtenu une belle image du reflet de la montagne dans le lac, et ce malgré l’intensité de la lumière.

 

 

Bien entendu, vous pouvez toujours obtenir de superbes photos sans tout planifier minutieusement. Beaucoup d’images de mon portfolio ont été décidées à la dernière minute, en cherchant un nouveau point de vue lors de notre randonnée. Comme vous êtes dans des lieux imposants et majestueux, vous devez photographier en variant les perspectives autant que possible ; vous pouvez par exemple comparer le sujet aux montagnes ou à d’autres éléments.

 

Lors d’une sortie avec un groupe d’amis, j’ai soudain réalisé que le soleil était sur le point de se coucher derrière les pics, laissant une petite tâche de lumière sur le pré. Je n’avais pas le temps de leur demander de marcher le long du sentier mal balisé. Mais le résultat est là : une photo improvisée mais réussie.

 

 

Ma photo « On the Edge » est un autre exemple de cliché où j’ai voulu mettre le sujet en situation d’infériorité par rapport au paysage. Nous rentrions après une longue journée quand j’ai remarqué cette tour isolée, avec ce magnifique coucher de soleil en arrière-plan. Nous avons donc positionné le modèle sur le bord du rocher. Sous ses pieds se trouvait un ravin de 300 m. C’est là qu’elle s’est positionnée pour admirer le crépuscule.

 

Avec l’arrivée du printemps, je conseille à tout un chacun de sortir et de prendre autant de photos que possible. L’année n’est malheureusement pas adaptée au voyage… Mais essayez malgré tout de visiter votre région et de profiter de toutes les possibilités photographiques que vous apporte le printemps !

 
 

About the Author – Camilla Pizzini

 

 

Camilla Pizzini est née en 1996 à Rovereto dans le Trentin-Haut-Adige, Italie. Depuis l'enfance, elle est amoureuse de la photographie. Elle a obtenu une licence de design à l'Université libre de Bozen-Bolzano qui lui a permis d'étendre ses connaissances en communication visuelle et en art contemporain. /p>  

Elle travaille depuis comme photographe sur des commandes commerciales (entreprises, événementiel, portrait, sport et nature) et sur ses projets personnels.

 

Elle tire son inspiration des grands espaces, de la montagne et de ses activités sportives.

 

Type de photographie : Nature, paysages, sport

 

 

Il n’est jamais trop tard pour recommencer.

 

C’était en 1993 et j’avais 20 ans. Quelque part dans les tranchées de l’aéroport de Sarajevo, au cœur d’un conflit qui allait finir par désintégrer la Yougoslavie. Je me souviens que je regardais les avions de l’ONU quitter la ville assiégée, et que je rêvais de pouvoir me transformer en oiseau et m’envoyer loin des horreurs de la guerre civile, pour repartir de zéro ailleurs.

 

Je ne savais pas encore qu’il suffit parfois de se visualiser quelque part et d’y croire suffisamment pour que la vie trouve un moyen.

 

C’est la seule véritable explication que je puisse donner à mon parcours : après avoir survécu à la guerre civile dans ma Bosnie natale, j’ai réussi à partir, à exercer le métier de mes rêves et à faire ce que j’aimais en parcourant le monde.

 

Ma première décennie aux États-Unis, au milieu des années 90, l’a obligé à recommencer à zéro. J’ai dû m’adapter à une nouvelle culture tout en vivant de petits boulots. En cours de route, on m’a offert un appareil photo numérique. Là a été mon véritable nouveau départ. Je vivais dans le nord-ouest Pacifique à l’époque. Il m’a donc suffi de remplacer mon équipement de pêche par mon appareil pour commencer à capturer la beauté intemporelle de l’État de Washington.

 
 

 

Un autre nouveau départ a suivi : je me suis inscrit en première année dans une école d’art, alors que je venais d’avoir 30 ans. Cette décision s’est avérée l’une des meilleure de ma vie. C’est à l’Art Institut que j’ai appris la partie technique de mon métier de photographe. J’ai eu la chance de gagner plusieurs prix qui m’ont encouragé à devenir photographe professionnel et à rencontrer le succès. Certaines de ces premières images constituent encore aujourd’hui des pièces maîtresses de mon portfolio.

 
 

 

L’école seule n’a pas suffi à faire passer ma carrière au niveau supérieur, mais j’ai très vite été sélectionné pour une émission de téléréalité liée à la photographie. Encore un nouveau départ. Je me suis trouvé face à une douzaine de défis photographiques réels et complexes tout en étant filmé 24 h / 24, 7 j / 7, quelques mois seulement après être sorti de l’école. J’ai connu la guerre, et je n’ai donc pas peur de la pression. Je peux également survivre en dormant très peu. Cette expérience m’a aidé à passer cette épreuve et à la réussir avec brio. Ces images le montrent.

 
 

 

Je n’ai pas gagné le concours, mais j’ai réalisé que j’appartenais au monde la photographie commerciale. Une révélation qui n’a pas de prix.

 

Mon défi suivant a consisté à essayer de traduire tout ce que j’avais appris en acquérant de vrais clients. Par chance, mes photos ont fait le travail à ma place et j’ai rapidement connu un certain succès sur les réseaux sociaux ce qui m’a permis de collaborer avec des grands noms comme Nike, Playboy, et ce bien plus tôt que je ne l’espérais.

 
 

 

Les affaires marchaient mais ça ne me suffisait pas. Toujours à la recherche d’un nouveau défi, j’ai quitté Seattle pour Los Angeles où j’ai rejoint le plus grand marché créatif du monde. Il a fallu 5 années entre le moment où a germé l’idée de ce déménagement et le moment où j’ai ouvert mon studio dans le centre-ville de Los Angeles. J’ai créé certains de mes meilleurs travaux pendant cette période.

 
 

 

La fin de la dernière décennie m’a incité à revenir à mes racines et à aller chercher la beauté dans le voyage, dans les gens, dans les paysages. Le travail commercial avait commencé à éroder ma créativité. J’ai donc dit « au revoir » au rythme effréné de la vie citadine et j’ai décidé de me consacrer davantage à ma passion pour la photographie en extérieur. Une fois de plus cette idée de nouveau départ s’est réalisée seule, comme le montrent ces images.

 
 

 

Cela fait longtemps que nous ne respectons pas suffisamment notre planète, et elle commence à nous le faire savoir. Je crois que nous sommes en début d’une longue et difficile période de transition pour l’humanité. Mais j’ai eu la chance de surmonter des crises auparavant, et celle-ci n’est pas très différente. Pour en savoir plus, consultez mes prochains articles sur le blog Datacolor.

 
 

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  About the Author – Dean Zulich  

Dean Zulich est originaire de Sarajevo, en Bosnie-Herzégovine et réside à Los Angles, Californie. En 2007, il sort diplômé du programme de photographie commerciale de l'Art Institute de Seattle et obtient le prix du meilleur portfolio. Outre son succès dans le cadre de l'émission de VH1 The Shot, il a également la chance de faire partie du Hall of Fame de l'Art Institute.   Parmi les clients de Dean, on peut citer NIKE, UN, CBS, ESPN, Playboy, ConAgra Foods, USC, etc.   Son travail a été publié dans Marie Claire, Vogue, le New York Times, le Boston Globe, Seattle Magazine, Digital Photo Pro, Mix Magazine, le Seattle Times, Los Angeles Fashion Magazine ainsi que dans des publications internationales comme ReFoto, ProfiFoto, etc.   Lors qu'il n'est pas occupé par un contrat, Dean aime enseigner et présenter ses collaborations

   

Articles from Dean Zulich

 

Alors que l’hiver se termine et que naît le printemps, 2021 ne semble toujours pas vouloir nous rendre la liberté que nous attendons. Les deux premiers mois de cette année ont été aussi déroutants et pénibles que l’année 2020. Malgré cela – ou peut-être grâce à cela – j’ai voulu jeter un regard optimiste sur le secteur de la mode et identifier quelques motifs d’espoir de mon point de vue de photographe pour laquelle l’éthique est une préoccupation centrale.

 

 

Ces deux dernières années, j’ai cherché à mieux comprendre l’urgence climatique en me centrant particulièrement sur l’impact du secteur de la mode et sur mon rôle de photographe. Je dois l’admettre : le processus a été douloureux. J’y ai découvert les déchets textiles, les décharges sauvages, les sécheresses, les colorants toxiques et les salaires ridiculement bas des ouvriers. On peut y ajouter le manque de transparence sur tous ces vêtements qui sont transportés à travers le monde pour de minuscules retouches avant d’être vendus. Mais je reste pleine d’espoir lorsque je vois certaines des solutions proposées par le secteur.

 

 

La location de vêtement est en hausse. Dans un monde où la surconsommation est un problème majeur (selon Oxfam, rien qu’au Royaume-Uni, 13 millions d’articles sont jetés chaque semaine, soit 336 000 tonnes chaque année), la location peut s’avérer une solution d’avenir. Selon GlobalData, le marché de la location de vêtements au Royaume-Uni devrait représenter 2,3 milliards de livres sterling en 2029, soit une hausse considérable par rapport aux 400 millions de livres de l’année 2019. Le Covid-19 a changé notre façon d’acheter et de consommer la mode. L’incertitude et les changements constants dans nos manières de travailler impliquent que nous investissons parfois dans des vêtements chers sans avoir l’occasion de les porter. Avec la location, il devient possible de ne porter une pièce qu’une seule fois, sans pour autant devoir se sentir coupable. La location de vêtement nous permet d’accéder à l’excitation et à la nouveauté dont se nourrit la mode sans pour autant nuire à la planète. C’est valable autant pour les consommateurs que pour les fabricants : ces derniers n’ont pas besoin de produire autant de produits, et les consommateurs n’ont pas à payer autant pour une pièce qu’ils ne porteront que très peu. Mais l’économie circulaire dans la mode ne se limite pas cela.

 

 

Le marché de la revente, et particulièrement de la revente de luxe, a lui aussi connu une croissance gigantesque. Selon Vogue Business, cette portion du marché représentera 51 milliards de dollars d’ici 2023. Pour ce qui est des nouveaux vêtements, des marques comme Stella McCartney sont à la pointe du changement et investissent dans les nouvelles technologies pour une production plus propre (en utilisant par exemple la soie de laboratoire ou la réutilisation du cachemire) ; elles réduisent ainsi les déchets et tirent le meilleur parti des matériaux en utilisant les chutes dans de nouveaux vêtements.

 

 

Je suis très encouragée par ces innovations et par les conversations qu’elles suscitent. Les consommateurs exigent plus de transparence et de responsabilité de la part des marques, et examinent de près la provenance de leurs produits. Peut-être le Covid-19 nous a-t-il donné l’occasion de faire une pause, de réfléchir à notre consommation et de nous demander d’où venaient nos vêtements. Mon objectif personnel pour 2021 est de m’impliquer dans la responsabilisation du secteur de la mode en tant que consommatrice et que professionnelle. Depuis 2014, le collectif d’acteurs de la mode Fashion Revolution organise une campagne intitulée « Who Made My Clothes » qui exige la transparence des chaînes d’approvisionnement des grandes marques. Cette campagne est plus importante chaque année.

 

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A propos de l'auteur – Holly McGlynn

 

 

Née à Dublin, la photographe et Friend with Vision Holly McGlynn, est l’une des plus grandes photographes de mode du Royaume-Uni. Holly travaille à Londres, et a été publiée dans des magazines comme Cosmopolitan, Grazia ou Glamour. Elle a également collaboré à des projets pour de grandes marques telles que Fabergé, Chanel, Playboy et Levi’s. La couleur joue un rôle important dans sa façon de re-présenter la féminité et remet en question la manière de montrer les femmes dans le monde de la mode. Dans ce billet de blog, elle évoque son parcours et les ques-tions de représentation dans la mode.

   

Autres articles de Holly McGlynn


Comment avez-vous débuté dans la photographie ?

 

Ma toute première découverte de la photo s’est faite un peu par hasard. Quand j’avais 16 ans, mon frère s’est vu offrir un petit appareil bridge à l’occasion de son diplôme. J’ai commencé à jouer avec et à prendre des photos de détails ici et là, dans le jardin, dans la maison… Je suis immédiatement tombée amoureuse des images que je réussissais à créer. La photographie est rapidement devenue une passion. J’ai su que je voulais en faire mon métier. Quelques années plus tard, j’ai commencé à m’organiser des séances photo, et je ne me suis pas arrêtée depuis.

 

Quel type de photographie prenez-vous et qu’est-ce qui vous a motivé à vous concentrer sur ce genre ?

 

Je photographie principalement la nature et les paysages. Je considère la nature comme ma seconde maison. J’ai eu la chance de grandir près du site classé UNESCO des Dolomites, et c’est sans doute aussi pour cela que j’aime autant la photo de paysages ! J’essaie de passer autant de temps que possible en forêt. C’est là où je me retrouve. J’adore explorer de nouveaux environnements et partir à l’aventure avec des gens qui partagent la même passion que moi. Dans ma vie professionnelle, je me spécialise dans les photos d’intérieurs, dans l’architecture, et dans la promotion du territoire où je vis.

 

Quel a été le plus grand accomplissement ou le plus grand obstacle que vous ayez rencontré dans de votre parcours ?

 

Mon plus grand défi a été la vie de freelance. J’ai dû quitter un poste stable dans une entreprise. Cela a été difficile de faire connaître mon nom, de me construire une clientèle et de développer mon propre style. J’ai encore beaucoup de travail et beaucoup à apprendre, mais j’ai l’impression d’être sur la bonne voie !

 

 

Par qui ou par quoi êtes vous le plus inspiré ?

 

Ma plus grande source d’inspiration est la nature elle-même : elle est belle et puissante, diverse, dynamique. La nature continue de me surprendre par son pouvoir d’expression et l’atmosphère qu’elle crée. Ses couleurs peuvent engendrer des émotions différentes selon le moment de la journée : un crépuscule orange, une aube rouge vif, les lumières chaudes des heures dorées ou les verts éclatants de la mi-journée… Quand on y réfléchit, la nature nous offre un véritable cinéma en plein air : toujours différent, jamais anodin, jamais ennuyeux. C’est tout ce qu’une photographe peut demander !

 

Quelle est votre démarche ? Existe-t-il un aspect que vous cherchez à réaliser lors de vos prises de vue (par exemple, créer certaines émotions, etc.), ou y a-t-il des techniques spécifiques que vous utilisez ?

 

Je prends des photos pour moi, pour créer des souvenirs et communiquer. Quand je photographie un sujet, mon but principal et d’embrasser les émotions du moment et de les transmettre à celles et ceux qui verront l’image, même des années plus tard. Avec mes photos, je cherche à créer une collection de moments magiques qui m’aideront à me souvenir des gens, des endroits, des paysages, du charme et de l’atmosphère créés par la nature. L’équilibre de l’image, avec des lignes claires et harmonieuses, est crucial pour moi. J’essaie de créer des photographies de style minimaliste, pour concentrer l’attention du spectateur sur l’élément qui a retenu mon attention.

 

 

Pourquoi la précision des couleurs est-elle importante dans votre travail ?

 

La photographie est mon métier, et la couleur est donc essentielle. Elle est fondamentale à l’édition : pour moi, une image n’est vraiment terminée que lorsqu’elle reflète les couleurs véritables aussi fidèlement que possible. Lors de mon travail d’édition, j’utilise un ordinateur portable et un ordinateur de bureau. Ils sont tous les deux étalonnés avec un outil comme le SpyderX afin de fournir à mes clients des images fidèles à la réalité.

 

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Des conseils ou des astuces pour les photographes qui débutent leur carrière ?

 

Je ne suis moi-même qu’en début de carrière, mais je conseillerais de continuer à pratiquer et à expérimenter autant que possible, jusqu’à trouver son propre chemin, son style, son créneau.

 

Continuer à essayer, ne jamais abandonner et profiter de ce métier qui est, je crois, le meilleur au monde !

 
 

A propos de l'auteur – Elisa Fedrizzi

 

Elisa Fedrizzi est née en 1995 dans une petite ville du Trentin-Haut-Adige (Italie). Elle se présente souvent par la phrase suivante : « Esprit créatif depuis 1995 ». C'est une personne incroyablement créative, toujours à la recherche de sa prochaine aventure.

 

Après avoir étudié en filière scientifique au lycée, elle a opéré un changement radical pour se consacrer à des sujets plus créatifs. Inscrite à l'Académie des Beaux-Arts de Brescia, elle a obtenu son diplôme après un mémoire de décoration d'intérieur ayant obtenu la plus haute note possible (110 / 110 avec mention). Elle n'a jamais regretté et a profité de chaque occasion pour parfaire sa connaissance de l'art et du design, ce qui l'a amenée à travailler dans différents secteurs : décoration d'intérieur, graphisme, design urbain, webdesign, et plus généralement dans le domaine des arts et de la créativité. C'est cette exposition à des domaines différents qui l'a inspirée et l'a aidée à comprendre les domaines auxquels elle voulait vraiment se consacrer : la photographie, le design graphique et la décoration.

 

Elle a quitté son poste dans un cabinet de décoration d’intérieur en 2019 pour devenir photographe et designeuse freelance. Elle collabore aujourd'hui avec des studios d'architecture et de design sur la création de rendus 3D et de plans en CAO et sur le choix des couleurs et des matériaux, ainsi que sur des prises de vues d'intérieurs dans des résidences privées, des hôtels, des restaurants, etc. Elle exerce ainsi les deux activités qu'elle aime.

   

Comment avez-vous débuté dans la photographie ?

 

Adolescent, j’avais trouvé dans le grenier de mes parents un vieil agrandisseur noir et blanc et du papier photo. J’avais alors acheté un reflex d’occasion et installé une chambre noire. C’est là qu’a débuté ma passion pour la photographie. Elle se poursuit aujourd’hui.

 

 

Quel type de photographie prenez-vous et qu’est-ce qui vous a motivé à vous concentrer sur ce genre ?

 

Après de nombreux détours, j’ai atterri dans la photographie de voyage et le portrait de rue. J’adore le contact avec les gens. Quelques minutes suffisent parfois pour un bon portrait. Mais à d’autres moments, il faut construire la confiance sur plusieurs jours. Le sourire d’une personne âgée est aussi motivant que les visages heureux d’enfants.

 

Quel a été le plus grand accomplissement ou le plus grand obstacle que vous ayez rencontré dans de votre parcours ?

 

Je fais partie d’une communauté mondiale de photographes de voyage et je suis régulièrement invité sur des projets de livres, de calendriers et d’expositions. Je veux bien sûr poursuivre et même intensifier cette activité.

 

Par qui ou par quoi êtes-vous le plus inspiré ?

 

Sans aucun doute : les photographes de l’agence Magnum, Steve McCurry en particulier.

 

 

Quelle est votre démarche ? Existe-t-il un aspect que vous cherchez à réaliser lors de vos prises de vue (par exemple, créer certaines émotions, etc.), ou y a-t-il des techniques spécifiques que vous utilisez ?

 

La photo de voyage et les portraits de rue nécessitent du temps. Il faut trouver des personnes, des visages. Vous devez être sur la route en permanence. Vous devez ensuite rechercher le contact, qui demande beaucoup d’expérience. Bien sûr, il faut s’attendre à des refus et apprendre à les respecter. De petits cadeaux peuvent aider, mais il est tout aussi important d’apprendre quelques phrases dans la langue locale. Il existe des cas particuliers, parmi les peuples isolés, par exemple. Là, un guide est indispensable.

 

Pourquoi la précision des couleurs est-elle importante dans votre travail ?

 

La précision des couleurs est particulièrement importante pour les tons chair. Vous pouvez rapidement vous retrouver avec une légère dominante bleue ou verte. Elle n’est pas immédiatement perceptible lorsque vous éditez votre image. Si l’image est publiée et que cette dominante s’avère visible par comparaison aux autres images, il est trop tard. Il est donc très important de prêter une attention particulière à la précision des couleurs et de bien étalonner son moniteur.

 

 

Des conseils ou des astuces pour les photographes qui débutent leur carrière ?

 

La technologie doit passer au second plan. Une bonne image n’est pas créée par les caractéristiques techniques d’un appareil numérique moderne, et pourtant c’est cet aspect qui est le plus discuté sur les forums spécialisés. Bien sûr, la maîtrise technique est d’une grande aide. Mais ce sont souvent d’autres facteurs qui font qu’une image sort du lot. Chaque genre de photographie a ses propres exigences. Il est donc impossible de donner un conseil général. Il est utile de s’inspirer de modèles. Mais vous devez aussi développer un style propre et reconnaissable.

 
 

A propos de l'auteur – Dietmar Temps

 

Dietmar est diplômé en ingénierie des médias et photo. Ce photographe chevronné bénéficie de plus de 20 ans d'expérience professionnelle dans le secteur des médias. Il vit à Cologne, en Allemagne. Il a effectué ses premier pas professionnels en tant qu'assistant photo en Europe et en Amérique avant d'étudier les technologies photo et médias à l'Université Technique de Cologne. Il concentre aujourd'hui son travail sur la réalisation de projets photo et Internet, avec un accent important mis sur la photo de voyages, les réseaux sociaux et le streaming vidéo.

 

Sur son blog, il raconte les voyages photo qu'il a effectué ces dernières années dans les plus beaux endroits sur Terre. Parmi eux, de nombreux séjours en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie.

 

Vous trouverez sur son site des séries de photos, par ailleurs publiées dans des livres des magazines et des blogs de voyage.

   

La planification et l’exécution d’une séance photo peut demander énormément de travail. Il s’agit d’un processus assez similaire à celui que je vis en ce moment même : je suis devant une page blanche sur mon ordinateur, et je sais que je dois la remplir de mots. C’est intimidant ! Mais cela peut ne pas l’être. Chacune des étapes d’une séance peut s’avérer une expérience plaisante et agréable. Vous pouvez toutes les aimer. Il suffit de savoir comment.

 

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Planifier

 

Certaines personnes adorent planifier. D’autres détestent. Personnellement, je dois admettre faire partie de la première catégorie. Je n’aime rien tant que me lancer dans un nouveau journal personnel en début d’année et y noter mes objectifs. Mais peut-être cette simple perspective vous plonge-t-elle dans la terreur, tout dépend de la personne ! Alors, comment apprendre à apprécier le processus de planification ? Qu’il s’agisse d’une séance pour un projet personnel ou pour un client, vous devez vous donner du temps et de l’espace. Je sais bien sûr que ce n’est pas toujours possible : les séances sont parfois décidées à la toute dernière minute. La planification peut s’avérer un travail assez lourd : les éléments à prévoir sont nombreux, et chacun d’entre eux a un impact sur la séance elle-même. Faites une faveur à votre client et à vous-même en vous accordant autant de temps que possible pour préparer calmement chaque aspect de la séance afin que celle-ci se déroule sans problème.

 

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Tout aussi important : identifiez le moment où vous vous concentrez le mieux. Êtes-vous du matin, ou êtes-vous un oiseau de nuit ? Personnellement, je sais que je suis plus productive le matin. C’est donc là que donne la priorité aux tâches qui exigent le plus de concentration. J’accomplis généralement ce qui demande le plus d’énergie tôt le matin. Si on me demande une tâche difficile (préparer un devis pour un projet, par exemple) et que la journée est bien avancée, mon cerveau ne fonctionnera pas comme il le faudra et je terminerai frustrée et agacée. S’il s’agit de la première chose que je fais en me levant le matin, je trouve ça beaucoup plus simple. J’aime aussi que mon bureau soit calme (un aspect sur lequel mon compagnon et moi-même avons dû avoir une sérieuse discussion lorsqu’il a commencé à télétravailler lors du premier confinement !). Je ne suis pas capable d’écouter de la musique ou un podcast pendant que je planifie. Mais peut-être est-ce différent pour vous ! Pensez à ce vous voulez pour votre environnement et faites de votre mieux pour que votre espace de travail soit aussi adapté que possible à vos besoins.

 

La prise de vue

 

Nous aimerions tous que chaque séance soit un moment de joie pure. Mais la réalité est que la vie sur un plateau est parfois très stressante. Il y a cependant des choses à faire pour réduire cette tension. Tout revient à la préparation. Pour que votre séance soit parfaitement détendue, vous devez vous organiser. Je croyais autrefois qu’il me suffisait d’arriver avec une vague idée de ce que je voulais faire, me lancer et produire un travail extraordinaire. J’avais tort. La magie se produit lorsque vous avez pris du temps pour tout planifier à l’avance. Je parle de préparer l’éclairage, de connaître le nombre de clichés à prendre, de penser à votre récit et de vous assurer non seulement d’avoir tous les éléments dont vous pourriez avoir besoin à disposition, mais également que ceux-ci soient bien en ordre. Pour cela, j’aime dessiner des schémas de clichés. Les dessins sont horribles (souvent des bonhommes-bâtons), mais leur aspect a peu d’importance. Ce qui compte, c’est d’avoir pris le temps de réfléchir à l’avance à la composition, aux poses, aux accessoires et à l’éclairage. Quand vient le temps de prendre l’appareil, vous savez exactement quoi faire.

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Je recommande également de vous créer un planning pour la journée, si vous le pouvez. J’ai commencé à le faire il y a environ deux ans, et ça a tout changé pour moi. Je crée une chronologie complète qui inclut le moment où tout le monde doit arriver sur le plateau, celui où le maquillage et la coiffure doivent commencer et finir, et la durée nécessaire à chaque prise de vue. Cela paraît demander beaucoup de travail, mais je peux vous garantir que le jeu en vaut la chandelle. J’envoie mon planning à toutes les personnes impliquées dans la séance. Et je peux vous dire qu’elles m’ont toutes dit à quel point il les aidait ! Autre conseil important : accordez-vous plus de temps que vous pensez n’en avoir besoin. Mieux vaut terminer en avance que dépasser les horaires !

 
 

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Le post-traitement

 

Je dois bien l’avouer : c’est la partie avec laquelle j’ai le plus de mal. En général, je n’aime pas être l’esclave de mon ordinateur pendant des heures et je déteste retoucher la peau. Mais j’ai malgré tout réussi à rendre agréable cet aspect du processus. J’ai appris ce qui fonctionne pour moi, et je suis sûre que vous pouvez le faire vous aussi. Tout d’abord, procurez-vous une bonne chaise de bureau. Si vous devez vous asseoir à un endroit pendant des heures, autant être à l’aise. Et votre dos vous remerciera ! Écoutez de la musique que vous aimez ou un bon podcast (en ce moment, j’écoute The Exposed Negative de Greg Funnell et Tom Barnes). Je sais que certaines personnes aiment regarder des films ou des vidéos Youtube. Cela va un peu loin pour moi… Je n’y arriverais pas ! Mais si c’est ce qui marche pour vous, n’hésitez pas. Enfin, investissez dans vos compétences. Prenez le temps d’apprendre comment fonctionne votre logiciel et d’en comprendre la logique. Lorsque que vous saisissez pleinement le fonctionnement de quelque chose, vous êtes un million de fois plus rapide et rencontrez bien moins de frustrations. Consacrez donc le temps nécessaire à l’apprentissage des outils à votre disposition.

 
 
Modèle : Lindsey Isla

 

Longtemps, j’ai su qu’il manquait quelque chose à ma photographie. Mais je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus. Je regardais mon travail et j’avais l’impression tenace d’un décalage. J’étais frustrée. Je regardais les images d’autres photographes et je me demandais « Qu’est-ce que ce travail a de plus que le mien ? ».
 

Ce n’est que lorsque j’ai suivi une session de la consultante photo Zoe Whishaw que j’ai enfin compris.
 

Il me manquait une histoire.
 

Zoe m’a expliqué que, même si mes images étaient belles elles n’étaient… « que » belles. De jolies photos de jolies filles avec des jolies robes. Il leur manquait une profondeur, un caractère, un but.
 

J’ai évidemment eu du mal à l’entendre au début. On veut toujours entendre que son travail est formidable et génial ! Et pas qu’il est… un peu ennuyeux.
 

Mais j’ai malgré tout essayé d’écouter attentivement ce qu’elle me disait. Et quand je suis rentré chez moi ce soir-là, j’ai commencé à me plonger dans le domaine de la narration par l’art. Comment peut-on réellement raconter une histoire par l’art ? Où trouver ces récits ? Que font les autres artistes ?
 

J’ai trouvé mes réponses par l’introspection. J’ai attrapé un cahier et un stylo et, en haut d’une page, j’ai écrit : « Qu’est-ce que qui fait de moi ce que je suis ? ». En quelques minutes, j’avais écrit des dizaines de notes qui m’ont donné des centaines d’idées de shootings. J’ai réalisé que l’élément qui manquait à mon travail n’était pas seulement la narration : c’était moi. J’essayais de créer des images dont je pensais que les autres voudraient les voir, alors qu’il me fallait réfléchir à qui j’étais et à ce que je pouvais faire pour transformer mon identité en récit visuel.

 
 

 
 

La première histoire que j’ai choisi de raconter vient de mon enfance, quand je rêvais d’être une artiste. Aussi loin que je m’en souvienne, on m’a toujours dit que j’avais une personnalité artistique, créative. Et pour être honnête, j’aimais beaucoup cette étiquette.
 
 

 
 

Enfant, je rêvais de courir dans la foret avec un pinceau et un chevalet et de passer mes journées à peindre des paysages, au soleil. Je ne sais pas d’où me vient ce fantasme : je n’ai jamais été très douée pour la peinture et je n’ai jamais particulièrement aimé ça. Mais j’adorais l’idée.

C’est de là qu’est venue l’idée de mon projet « The Artist ».
 

Pour donner vie à cette histoire, j’ai constitué un mood board d’artistes peignant dans la nature. J’ai réalisé qu’au lieu de rechercher des photographies de mode représentant des modèles en train de peindre, il était bien plus intéressant de se concentrer sur des images de véritables artistes, peignant véritablement, et de s’en inspirer.
 

Une fois mon mood board terminé, j’ai réuni une équipe créative et j’ai partagé ma vision avec eux à l’écrit et par des images regroupées dans un PDF soigneusement constitué. J’ai inclus des mots clés pour décrire l’ambiance et les sensations de la session, et pour donner une idée de l’aspect et des actions du modèle. J’ai également inclus des notes et des images d’inspiration pour le style, le maquillage ou la coiffure. J’ai établi une liste d’accessoires que je voulais et j’ai essayé de donner vie à ma vision.
 

J’ai découvert que lorsque j’incluais de nombreux détails dans la planification et la création de mon histoire avant le shooting, mon équipe comprenait mieux la direction où je voulais aller et la session était beaucoup plus réussie. Le shooting a été extraordinaire et pour la toute première fois, j’ai eu l’impression de raconter une véritable histoire à travers mon travail.

Alors, comment ajouter des éléments narratifs à son travail ? Ce n’est ni très long ni très compliqué : il suffit d’être aussi créatif et aussi complet que possible.

Commencez par prendre un stylo et laisser vos idées parler. Notez ce qui vous intéresse, les histoires sur vous, sur votre passé, ou tout autre élément qui vous parle. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise solution ici. Écrivez tout. Lorsque j’ai écrit ma liste, j’ai inclus des éléments comme :
 

  • Mon enfance en Suisse
  • Mes rêves d’artiste
  • Mon amour des chevaux
  • Mon déménagement à l’étranger
  • Mon amour de la couleur bleue
  • Les robes longues
  • Les étés chauds

 

Une fois que vous avez votre liste, choisissez un concept qui capture réellement vos intérêts et commencez à préciser l’aspect que pourrait prendre cette idée dans un récit photographique. Recherchez sur Pinterest ou dans des magazines des images qui capturent vos idées et créez un dossier visuel. Si vous préférez utiliser du papier et un stylo, vous pouvez créer une carte mentale autour de la création de votre histoire.
 

 
 

Parmi les éléments importants à retenir : les accessoires. Des accessoires pertinents peuvent donner vie à une image. Si vous voulez raconter l’histoire d’un artiste, il est logique d’inclure les outils qu’un artiste utilise : toile, peinture, chevalet… Si vous voulez raconter l’histoire d’un jour d’été, vous pouvez intégrer des éléments comme une chaise longue ou une glace.
 

 
 

Les lieux jouent également un rôle important, et doivent avoir un sens. Si vous ne pouvez pas vous rendre sur un lieu spécifique, pouvez-vous le recréer en studio ?

Si vous travaillez avec une équipe, il est important de communiquer votre idée de façon aussi claire et complète que possible. Donnez tous les détails dans votre présentation ! D’après mon expérience, les séances photos sont meilleures lorsque vous êtes entourés d’une équipe talentueuse qui comprend réellement votre vision. Prenez le temps d’écrire un petit texte de présentation qui explicite votre histoire, sa mise en image, les sensation et l’aspect que vous désirez, etc.
 

 
 

Et plus généralement amusez-vous ! Vous devez ressentir un lien avec ce que vous créez. C’est le meilleur moyen de créer une connexion avec votre photo et avec les personnes qui la découvriront. Cela fera passer votre travail au niveau supérieur. Essayez, vous ne le regretterez pas !

 

Je suis spécialisé dans les concerts et je suis les tournées mondiales d’artistes comme AC/DC, Rammstein ou Genesis, entre autres. Il s’agit évidemment d’une importante source de revenus pour moi. Le Covid-19 a donc eu un impact énorme sur mon activité principale et sur mes recettes. J’ai également dû mettre en pause mon travail de photographe principal sur Princess for One Day, l’une des plus grandes émissions de relooking au monde, en raison des restrictions légales concernant les voyages.

 

 

La plupart de mes workshops ont été annulés et il est très peu probable que de gros concerts soient organisés avant la fin de l’année. J’ai donc dû élargir mon activité en me basant sur le succès de mes conférences, par des sessions de coaching en tête à tête qui me permettent de transmettre mes plus de 40 ans d’expérience aux jeunes talents. Mon objectif est ambitieux : augmenter mes ventes de 25 % dans les 12 prochains mois, malgré le Covid. Et cet objectif concerne les trois prochaines années.

 

 

Fort heureusement, une grande partie de mon modèle économique se base sur la vente d’images. J’ai réussi à développer cet aspect pendant la pandémie. C’est heureux, car la période est restée très calme en termes de contrats. Comme mes workshops ont été annulés, j’ai eu plus de temps pour me concentrer sur de nouveaux sujets et pour reprendre l’idée d’un nouveau portail photo sans équivalent, en collaboration avec d’autres photographes. J’avais auparavant dû me retirer du projet après mon AVC l’année dernière.

 

J’ai exploré de nouvelles technique de post-production et j’ai travaillé sur des sujets entièrement nouveaux que je n’avais jamais eu l’occasion d’explorer, comme la photographie culinaire.

 

 

Mon conseil aux autres photographes en ces temps difficiles : ne baissez pas la tête ! Nous vivons certes des temps compliqués, et d’autres nous attendent encore… Mais continuez à croire en votre travail et à créer les images qui vous rendent heureux ! Utilisez ce temps libre pour réfléchir sur votre art et pour vous remettre à certains projets de post-production. Vous pouvez également le consacrer à éditer certaines de vos anciennes photos. Je recommande aussi à chacun de se former, en photographie ou en business. Essayons de voir le positif au-delà des pires aspects de la pandémie. Nous allons y arriver !

 
 

A propos de l'auteur – Guido Karp

 

Guido Karp est né en Allemagne en 1963. Il est l'un des plus grands noms dans le monde de la photographie de concerts et vit et travaille avec sa femme Nicole à Los Angeles, en Californie. Il a photographié plus de 5000 concerts et réalisé plus de 1000 couvertures d'albums et de DVD pour des artistes comme Robbie Williams, Michael Jackson, AC/DC, les Rolling Stones, Tina Turner, Rammstein, Genesis, etc.

   

Autres articles de Guido Karp

 
Les voyages sont actuellement impossibles en raison de la pandémie mondiale que nous traversons. Mais je voulais partager avec vous mes souvenirs de l’un des endroits les plus beaux sur Terre : l’île de Mljet. Cette île, la plus méridionale de Croatie, est riche en histoire et en beauté. J’ai eu la chance de visiter plusieurs fois ce joyau de l’Adriatique. Voici donc ma vision d’une journée parfaite sur cette île qui abrite l’un des huit parcs nationaux croates.

 

J’aime commencer ma journée par un petit déjeuner et un café en profitant de la vue depuis l’hôtel Konoba Ogigija, à Polače, le port où accostent les ferries provenant du continent.

 

 

En croate, « polače » signifie « fort », et les ruines de celui-ci sont une part importante du paysage.

 

 

Près de l’ancien fort, vous pouvez acheter un pass pour le parc national. Vous pouvez également opter pour la marche, utiliser votre vélo, prendre un bus gratuit ou votre voiture en direction de l’entrée du parc. Le pass reste valable tant que vous ne quittez pas l’île. Aux deux-tiers du trajet entre Polače et le parc national, vous tombez sur la petite ville de Govedjari, sur votre droite.

 

 

L’île abrite deux lacs d’une beauté extraordinaire. Le plus grand abrite la minuscule île de Sveta Marija et un monastère du 12e siècle presque intact.

 

 

Il est possible de se rendre à Sveta Marija sur un bateau du parc national, le quai s’embarquement est à quelques pas de l’entrée du parc. Le bateau pour Sveta Marija
part toutes les heures, et son prix est inclus dans l’entrée du parc.

 

 

Les promenades à pied ou à vélo autour des lacs sont un must absolu. Un pont a récemment été construit pour permettre aux visiteurs de réaliser la boucle complète.

 

 

Aucun véhicule motorisé n’est autorisé sur cette route, à l’exception de ceux des gardes du parc et de quelques habitants. Un petit train électrique a également été installé il y a quelques années pour faire le tour des lacs. Il est également gratuit lorsque vous avez payé l’entrée du parc.

 

Après avoir visité les lacs et l’île de Sainte-Marie, j’aime déjeuner dans l’un de mes restaurants préférés, à Pomena. Cette petite ville côtière est située à environ 30 minutes de marche des lacs, et est également accessible en voiture ou en vélo. Le restaurant s’appelle Agroturizam Dalmatino et se trouve à l’adresse Pomena 10C. La réservation n’est pas obligatoire, mais elle reste très fortement conseillée. J’ai une préférence pour leurs fruits de mer locaux – poisson ou calamars avec une salade de pomme de terre. Et ne manquez surtout pas l’apéritif local, la travarica, une eau-de-vie de raisin infusée aux herbes.

 

 

Après le déjeuner, je me dirige vers l’un des secrets les mieux gardés de l’île : un accès à la mer non loin de Pomena. Il vous suffit de suivre la route, qui se transforme en chemin de terre et passe devant d’anciens baraquements militaires. Depuis la péninsule de Peljesac, vous profitez d’une mer magnifique et limpide.

 

 

Et pour terminer la journée, quoi de mieux que de nager dans l’Adriatique ? Vous pouvez ensuite revenir à Pomena pour prendre le ferry vers le continent.

 

Si vous voulez y passer la nuit, de nombreuses possibilités d’hébergement s’offrent à vous, hôtels ou chambres et appartements privés. Je recommande de passer plus de temps à Miljet. Mais si vous n’avez qu’une journée, les éléments que je vous ai présentés vous permettront d’en profiter pleinement.
Pour vous rendre à Mljet, vous devrez prendre le ferry entre Bari et Dubrovnik. Les horaires varient pendant la haute saison, assurez-vous donc de bien les connaître avant votre départ. Sretan Put ! (bon voyage !)

 

En tant que photographes, nous avons un grand pouvoir. Et, comme on dit, un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Le regard que nous portons sur un sujet conditionne la façon dont il sera vu par une large audience. Cette représentation est intériorisée dans la psyché publique. Les stéréotypes de genre ou de race ou l’hétéronormativité peuvent se trouver renforcés, tout comme l’effacement de groupes marginalisés. Même les photojournalistes, dont le travail consiste pourtant à documenter les choses telles qu’elles se produisent, projettent leurs propres biais, leurs propres expériences et leurs propres croyances lorsqu’ils construisent une image. Il est impossible de ne pas le faire.

 

 

Je suis photographe de mode, et j’ai lu des magazines de mode toute ma vie durant. Il serait donc facile pour moi de perpétuer ce qui s’est fait dans les décennies précédentes. J’ai intériorisé les normes esthétiques véhiculées par le monde de la mode et de la beauté depuis des décennies. Mais je dois me souvenir que les femmes constituent l’essentiel de mon public. Si je prends des photos qui renforcent l’idée qu’il faut être mince, blanche et éternellement jeune pour être belle, pour être validée, pour être vue, je nuis aux femmes, à la société et à moi-même. Il suffit de penser à l’impact que les médias peuvent avoir sur la vie des jeunes filles et des femmes, et sur leur estime d’elles-mêmes.

 

 

La première manière de changer cet état de fait – la plus évidente – est de diversifier ses modèles en termes de tailles, de couleur de peau ou d’âge. On ne peut pas se contenter de gestes symboliques ou d’événements épisodiques. L’approche doit être constante, cohérente et impliquer les directions de casting, les photographes, les rédactions des magazines, et toutes les personnes qui détiennent un pouvoir en la matière. Il est très important que chacun soit représenté dans les médias. Les médias que vous consommez façonnent le monde dans lequel vous vivez.

 

Mais la diversité du casting n’est que le sommet de l’iceberg. Comment faire lorsque le ou la photographe qui prend les images a intériorisé des biais ou des stéréotypes ? C’est pour cela que la diversité est aussi importante derrière l’objectif que devant.

 

Je n’ai jamais compris pourquoi les magazines de mode, dont le public est essentiellement féminin, demandent le plus souvent à des hommes de photographier des femmes. Les magazines, les marques et les agences, en plus d’un recul sur leurs pratiques de casting, doivent être attentifs à passer commande auprès de photographes de différents genres, origines et âges. Tant que cela ne sera pas le cas, une seule vision du monde sera reflétée.

 

 

En tant que photographe, je dois également être attentive à mes choix et remettre en cause les briefs de clients si ceux-ci posent problème. Si, par exemple, on nous demande une nudité partielle, il est nécessaire de prendre un pas de recul et de se demander pourquoi. Si celle-ci est gratuite, ou si elle est sans rapport avec le récit des images, refusez. Si le contenu ou l’ambiance des images concerne manifestement des majeurs, ne castez pas une modèle de 15 ans. Les modèles mineures devraient toujours être accompagnées sur un shooting. Pendant la séance, les décisions de coiffure et de maquillage revêtent également une certaine importance. Si votre modèle est noire, assurez-vous que la personne chargée de la coiffure soit qualifiée pour travailler les chevelures noires. Vient ensuite le passage par Photoshop. L’amincissement des modèles est constant dans la mode. C’est inacceptable. J’ai entendu des histoires de réduction du nez, d’éclaircissement de la peau, de rallongement des jambes et, bien sûr, de lissage de la peau.

 

Les photographes doivent fixer des limites claires à la retouche et ne pas modifier complètement l’apparence du modèle. Si l’on vous demande de modifier la texture d’une peau, dites non. Si l’on vous demande d’amincir un modèle, dites non. Refusez d’altérer les traits physiques ou le teint, particulièrement avec des modèles de couleur.

 

 

J’ai établi une liste des actions que les photographes peuvent entreprendre pour rétablir un équilibre :

 

  • Veillez à une diversité constante dans le casting Recruter un modèle de couleur de temps en temps ne suffit pas.
  • Si vous n’avez pas le choix du modèle, poussez votre client à une plus grande diversité de casting. S’il refuse, demandez pourquoi. Continuez à pousser, à poser la question.
  • Refusez les retouches qui amincissent les modèles, qui changent leurs traits ou leur couleur de peau.
  • Castez en respectant un âge approprié. S’il s’agit d’une séance autour du mariage, ne recrutez pas une modèle de 17 ans.
  • Questionnez les demandes de nudité ou de nudité partielle.
  • Si vous n’êtes pas disponible et qu’on vous demande une recommandation, recommandez quelqu’un issu d’un groupe marginalisé ou sous-représenté.
  • Si vous ne connaissez pas de photographe qui réponde à cette description, cherchez. Cela prend deux minutes.
  • Prêtez attention à la diversité de votre équipe créative et écoutez leurs retours sans être sur la défensive.
  • Si vous constatez un comportement inapproprié ou entendez des propos inacceptables, réagissez. Trouvez le moyen pour que votre équipe puisse faire de même, à tous les niveaux.

 

Cette liste n’est pas exhaustive. Mais si nous poussons vers le changement, il se produira. Changeons ensemble nos manières de penser et d’agir.

 
 

A propos de l'auteur – Holly McGlynn

 

 

Née à Dublin, la photographe et Friend with Vision Holly McGlynn, est l’une des plus grandes photographes de mode du Royaume-Uni. Holly travaille à Londres, et a été publiée dans des magazines comme Cosmopolitan, Grazia ou Glamour. Elle a également collaboré à des projets pour de grandes marques telles que Fabergé, Chanel, Playboy et Levi’s. La couleur joue un rôle important dans sa façon de re-présenter la féminité et remet en question la manière de montrer les femmes dans le monde de la mode. Dans ce billet de blog, elle évoque son parcours et les ques-tions de représentation dans la mode.

   

Autres articles de Holly McGlynn


Comment avez-vous débuté dans la photographie ?
 
J’ai débuté mon parcours photographique lors de mes études d’ingénieur en informatique légale. Tout a commencé avec un projet de traitement d’image HDR dans le cadre d’une enquête judiciaire. Très vite, la photo est devenue centrale dans ma vie. J’ai commencé à explorer, à expérimenter les différents genres photographiques et je suis vite pris de passion pour le domaine.
Depuis lors, beaucoup de chose ont changé. J’ai quitté un emploi stable de consultant et j’ai transformé ma passion en métier en co-fondant la Swiss School of Photography, ce qui m’a permis de donner des cours et de voyager tout autour du monde pour explorer des endroits merveilleux et partager mon amour de la photo.

 

The secret ice cave of the Vatnajokull glacier

Une grotte de glace secrète dans le glacier Vatnajokull

The Landwasser Viadukt

Le Landwasser Viadukt

The beautiful lavender fields of Provence

Les magnifiques champs de lavande de Provence

 
 

Quel type de photographie prenez-vous et qu’est-ce qui vous a motivé à vous concentrer sur ce genre ?
 
Mon genre préféré est la photographie de paysage. Lorsque j’ai un appareil entre les mains, je me sens motivé à explorer le monde merveilleux où nous vivons. Je n’ai alors plus de mal à me lever tôt et d’aller visiter des endroits inattendus.

 

Je suis curieux de nature et j’ai donc également repoussé les limites de mes connaissances en expérimentant différents styles et techniques : portraits, produits, photo aérienne, aliments…

 

Les deux derniers grands champs d’expérimentation que j’ai ajoutés à mon travail sont la photographie aérienne et la photographie automobile. Avec les drones, j’ai découvert un nouveau monde de possibilités. L’automobile, quant à elle, m’a toujours fasciné, et combiner cet attrait avec la photo et la vidéo s’est avéré une évolution naturelle. Mes photos par drone peuvent être consultées sur mon compte Instagram @mixyourshot tandis que mon projet automobile, Cinematicars, est hébergé sur le compte et le site @cinematicars.ch .

 
 

Drone capture of the Berggasthaus Aescher-Wildkirchli

Photo par drone du Berggasthaus Aescher-Wildkirchli
 

The View, Dubai

The View, Dubai
 

Cinematicars lightpainting car shooting

Prise de vue d’une automobile avec light painting dans le cadre du projet Cinematicars
 

 
 

Quel a été le plus grand accomplissement ou le plus grand obstacle que vous ayez rencontré dans de votre parcours ?
 
Mon plus grand obstacle a été de renoncer au revenu stable et confortable que m’offrait mon emploi de consultant pour me consacrer pleinement à la photo. Pendant des années, la photo avait été pour moi une activité secondaire. Mais en 2017, quelque chose s’est produit qui m’a poussé à passer à l’étape supérieure. En l’espace de quelques mois, j’ai reçu de nombreux prix : la Trierenber Super Circuit Gold Medal pour la catégorie Photographie de voyage, 4 mentions honorables au concours International Photographer of the Year, une médaille d’or et deux médailles d’argent dans les catégories Paysages et Paysages urbains du concours Moscow International Foto Awards… C’était le déclic dont j’avais besoin. À partir de là, ma vie a changé.
 
 

Par qui ou par quoi êtes-vous le plus inspiré ?
 
L’un des aspects les plus fantastiques de mon métier est le voyage, l’exploration constante de nouveaux endroits pour prendre ma prochaine photo. C’est la beauté de la nature qui m’inspire et me pousse à me lever tôt, à marcher de longues distances et à passer mes nuits dans le froid. Tout ça pour un moment de découverte. Tout ça pour avoir le meilleur angle possible, au bon moment.

 

C’est ce qui me passionne dans la photographie de paysages. Mais ce n’est pas tout. J’ai la chance d’avoir pour compagne @nikkie.one, qui est comme moi passionnée de photo (peut-être même plus que moi !) et qui aime elle aussi explorer et capturer le monde qui nous entoure. Mon travail n’est donc jamais solitaire. Nous nous motivons mutuellement et cette émulation nous pousse à redoubler nos efforts.

 
 

Quelle est votre démarche ? Existe-t-il un aspect que vous cherchez à réaliser lors de vos prises de vue (par exemple, créer certaines émotions, etc.), ou y a-t-il des techniques spécifiques que vous utilisez ?
 
La photo de paysages demande une combinaison de planification, compétences, technique et un peu de chance. Un paysage, aussi beau qu’il soit, n’est rien sans la lumière adéquate. Je prépare mes clichés en fonction de la saison, de l’heure, de l’endroit, en espérant qu’une lumière spectaculaire soit au rendez-vous. Je fais beaucoup les prises de vues à exposition longue, celles où le temps et le mouvement sont capturés par des trainées d’eaux homogènes, par les nuages colorés du ciel… J’utilise cette technique pour illustrer le passage du temps et donner une ambiance relaxante à mes images.

 
 

Nusa Penida, joyau de l'Indonésie

Nusa Penida, Indonesia’s Jewel

La beauté des Dolomites

The beauty of Dolomites

Un cœur gelé

A frozen heart

 

Pourquoi la précision des couleurs est-elle importante dans votre travail ?
 
Lorsque j’étais étudiant ingénieur, j’écrivais mon propre logiciel de traitement d’images. Les difficultés incroyables que représentait l’élaboration d’algorithmes de mappage des tons et de balance des blancs m’ont permis de comprendre l’importance que revêt la couleur pour l’œil humain. Les couleurs peuvent nous détendre, nous faire apprécier un coucher de soleil, nous permettre de reconnaître une marque (pensez à cette voiture de sport rouge…), nous rendre fiers lorsque nous voyons notre équipe nationale à la télévision… Mais derrière les couleurs et leur gestion se cache une véritable science. C’est là que Datacolor joue un rôle important. Datacolor s’occupe de cet aspect et facilite la tâche des photographes, artistes et scientifiques qui veulent acquérir, conserver et reproduire les couleurs avec la plus grande des précisions. C’est particulièrement le cas avec ses outils d’étalonnage moniteur.
 
 

Des conseils ou des astuces pour les photographes qui débutent leur carrière ?
 
Investissez dans vos connaissances et entraînez-vous ! Essayez de ne pas passer des années à apprendre seul. Cherchez d’autres photographes pour trouver l’inspiration et pour recueillir des conseils qui vous aideront à étendre votre savoir. Il m’a fallu des années pour rassembler toutes les informations dont j’avais besoin et obtenir les photos que je voulais, alors que ma compagne a appris les bases en quelques semaines auprès de moi et a maîtrisé ses talents en quelques mois. C’est l’une des raisons principales pour lesquelles j’ai ouvert une école de photographie : je voulais que les gens s’évitent les difficultés d’un apprentissage solitaire et se concentrent sur les techniques et les notions qui comptent vraiment. Mais que vous appreniez dans un livre, sur une vidéo YouTube ou dans un cours, assurez-vous de mettre ces nouvelles connaissances en pratique !

 

 
 

About the Author – Raffaele Cabras Keller

 

 

Raffaele Cabras Keller est un photographe paysagiste plusieurs fois récompensé. Il a grandi entre les côtes sardes et les montagnes suisses.

 

Il est co-fondateur de la Swiss School of Photography où, avec d'autres photographes talentueux, il propose des cours de photo à Zurich, Berne et Genève. Raffaele organise également des voyages photo en Suisse et dans les plus beaux endroits du monde où il enseigne la photographie de paysage directement sur le terrain.

 

Raffaele a commencé son parcours photographique lors de ses études d'ingénieur en traitement d'images judiciaires. Il a transformé cette passion en métier et a trouvé avec Datacolor un partenaire fiable qui lui permet de répondre à tous ses besoins en termes de couleurs lors de la prise de vue, de l'édition et de l'impression.

 

Type de photographie : Photographie de paysage

 

 
Comment avez-vous débuté dans la photographie ?
 
Je suis tombée amoureuse de la photographie lorsque j’étais enfant. J’ai grandi dans une famille sportive et j’ai passé l’essentiel de mon enfance en montagne. Il y a neuf ans, j’ai réalisé que, plus que l’activité sportive elle-même, j’aimais avant tout la beauté des paysages qui m’entouraient. J’ai commencé à visualiser des compositions photographiques avant même de capturer des images. C’est là que tout s’est joué. Depuis l’achat de mon premier appareil, rien n’a su m’arrêter.
 
 

Quel type de photographie prenez-vous et qu’est-ce qui vous a motivé à vous concentrer sur ce genre ?
 
La photographie est un médium privilégié pour présenter non seulement un point de vue, mais une émotion, un moment parfait. La possibilité de partager ces instants, de les présenter à autrui, est l’un de mes aspects préférés. Si je n’avais pas ce moyen d’expression, il me serait sans doute impossible de communiquer mes passions, mes sentiments, tout ce que j’aime dans le monde qui m’entoure.

 

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Quel a été le plus grand accomplissement ou le plus grand obstacle que vous ayez rencontré dans de votre parcours ?
 
La post-production, certainement. Je n’ai jamais étudié la photographie dans le cadre de mes études et je n’ai jamais pris de cours. L’édition de mes photos était donc très difficile pour moi au début. J’ai fini par trouver mon style, identifier ce que j’aime vraiment et j’ai suivi cette direction. Aujourd’hui, j’aime toujours autant apprendre et me former dans ce domaine.
 
 

Par qui ou par quoi êtes-vous le plus inspiré ?
 
Il est difficile de mettre le doigt sur un aspect précis. Bien sûr, certains photographes sont très inspirants. Mais je préfère malgré tout suivre les aventures de certains grands athlètes au bout du monde. Cela me donne la motivation nécessaire pour continuer d’explorer et d’aller toujours plus loin.
 
 

Quelle est votre démarche ? Existe-t-il un aspect que vous cherchez à réaliser lors de vos prises de vue (par exemple, créer certaines émotions, etc.), ou y a-t-il des techniques spécifiques que vous utilisez ?
 
J’essaie systématiquement de me concentrer sur les lignes du paysage que je photographie et sur un sujet précis qui équilibre l’échelle de l’image. En photo de sport, je cherche à donner une impression d’instabilité, d’absence de limites. C’est souvent génial de donner cette sensation de tension. Mais il est important de bien s’organiser et de ne jamais se mettre en danger physique.

 

 

Pourquoi la précision des couleurs est-elle importante dans votre travail ?
 
J’ai trouvé une palette de couleurs caractéristique qui exprime et représente ma photographie. Les gens peuvent facilement identifier mon travail. C’est pourquoi il est capital que mes photos reflètent toujours ces couleurs qui font mon identité. La précision des couleurs sur l’ensemble de mes moniteurs est donc fondamentale.
 
 

Des conseils ou des astuces pour les photographes qui débutent leur carrière ?
 
Cela peut paraître un cliché, mais je dirais de toujours suivre ses sentiments, de croire en soi-même et de chercher à faire toujours plus, toujours mieux. C’est en faisant qu’on s’améliore.

 

 
 

About the Author – Camilla Pizzini

 

 

Camilla Pizzini est née en 1996 à Rovereto dans le Trentin-Haut-Adige, Italie. Depuis l'enfance, elle est amoureuse de la photographie. Elle a obtenu une licence de design à l'Université libre de Bozen-Bolzano qui lui a permis d'étendre ses connaissances en communication visuelle et en art contemporain. /p>  

Elle travaille depuis comme photographe sur des commandes commerciales (entreprises, événementiel, portrait, sport et nature) et sur ses projets personnels.

 

Elle tire son inspiration des grands espaces, de la montagne et de ses activités sportives.

 

Type de photographie : Nature, paysages, sport

 

 
Comment avez-vous débuté dans la photographie ?
 
J’ai toujours eu une personnalité très créative fascinée par le visuel. J’ai découvert la photographie lors de mes études en Californie, en cherchant à capturer les moments que je vivais et à les transmettre à ma famille et à mes amis restés en Allemagne. Cette activité s’est peu à peu transformée en passion et est devenue une partie importante de ma vie. Cela m’a poussé à passer plus de temps à l’extérieur et à voir chaque moment avec une regard différent.
 
 

Quel type de photographie prenez-vous et qu’est-ce qui vous a motivé à vous concentrer sur ce genre ?
 
Ma photographie se centre principalement sur l’architecture futuriste et sur la ville. Quant à mon travail en photographie lifestyle et de rue, il est lui aussi largement influencé par les environnements urbains. J’ai toujours été fasciné par les grandes villes, par leur chaos et leurs structures architecturales. Cet attrait a naturellement eu une influence importante sur mon travail. Les villes vous offrent des occasions uniques. Vous ne savez jamais ce qui peut vous attendre au coin de la rue et vous avez l’occasion de jouer avec les perspectives à tout moment.

 

 
 

Quel a été le plus grand accomplissement ou le plus grand obstacle que vous ayez rencontré dans de votre parcours ?
 
Concernant ma carrière, je ne considère pas qu’il y ait de « grand accomplissement ». Il existe cependant des réussites individuelles. L’important est de se fixer des objectifs réalistes que vous pouvez essayer d’atteindre en un temps donné. En photographie, la route vers le succès est un processus progressif. Vous ne devez pas seulement identifier votre propre style, mais également votre créneau personnel.
 
Je crois que l’un des obstacles les plus importants pour les photographes d’aujourd’hui est le blocage artistique. Chaque jour, nous sommes bombardés par une multitude de photos sur les réseaux sociaux. Nous voyons les réussites et les succès des autres sans accéder aux échecs qui leur ont permis de se construire. Dans ce cadre, il est facile de s’imaginer n’être pas assez bon ou ne pas progresser suffisamment vite.
 
 

Par qui ou par quoi êtes-vous le plus inspiré ?
 
Tant de choses m’inspirent ! D’un côté, bien sûr, il y a les cultures particulières des pays que je visite et l’architectures des bâtiments que je découvre lors de mes voyages. Mais un autre aspect important pour créativité est l’aspect communautaire du monde de la photographie. Grâce à Internet, il est plus facile que jamais de rencontrer et de collaborer avec des photographes et des créateurs du monde entier.

 

 
 

Quelle est votre démarche ?
 
Elle dépend beaucoup du projet, en réalité. Personnellement, je trouve important de ne pas saisir uniquement les évidences, de montrer l’aspect inconnu d’une ville et d’aller toujours un peu plus loin que les autres, pour ainsi dire. Bien sûr, cela peut vous faire toucher vos limites personnelles et vous sortir de votre zone de confort. Mais c’est ce qui fait que la photographie m’attire autant. Une bonne photo se mérite et rien n’égale le sentiment d’accomplissement qui en découle.
 
 

Pourquoi la précision des couleurs est-elle importante dans votre travail ?
 
La reproduction précise des couleurs joue un rôle très important dans mon travail, du début du processus créatif jusqu’au produit final. Bien régler la balance des blancs au moment de la prise de vue, par exemple, m’évite d’avoir à batailler par la suite. Mais la précision des couleurs joue également un rôle majeur en post-production. C’est pourquoi j’étalonne mon moniteur régulièrement. Je peux ainsi m’assurer d’une qualité constante tout au long de mon processus de création. Par ailleurs, je suis très actif dans le domaine de l’impression. Pour m’assurer de l’authenticité et de la fidélité des couleurs entre la prise de vue et le produit fini, je dois recourir à des profils ICC personnalisés exactement calibrés pour l’imprimante et le papier que j’utilise.

 

 

Des conseils ou des astuces pour les photographes qui débutent leur carrière ?
 
Un débutant doit oser essayer des choses très différentes. Et il doit surtout s’amuser ! Beaucoup de débutants cherchent à se comparer à d’autres photographes beaucoup trop tôt. Non seulement ils se mettent sous pression, mais ils se privent également de possibilité de développer leur propre style. Les équipements les plus chers n’offrent qu’un avantage mineur au début. Nous possédons aujourd’hui tous des smartphones dont les appareils photo intégrés sont très performants. Les bases de la photo ne sont pas si longues à étudier, et nous avons toujours un appareil avec nous !

 
 
 

Chris Martin Scholl étalonne son écran avec un SpyderX Elite.
 
 

 

 

 
 

About the Author – Chris Martin Scholl

 

 

Chris Martin Scholl est un photographe professionnel originaire de Berlin. Il est spécialisé dans l'architecture et dans les environnements urbains mais travaille également dans la photo lifestyle.

 

Ces dernières années, il a visité de nombreuses métropoles et s'est constitué un vaste portfolio composé des bâtiments les plus impressionnants du monde.

 

Sa clientèle comprend certaines des marques et organisations les plus célèbres, dont Four Seasons, Grand Hyatt, G-Technology, Master & Dynamic et visitBerlin.

 

Il est également ambassadeur officiel de Canon Allemagne et de Western Digital, et il est membre du Masters Program de MOAB.

 

Son travail a tendance à transmettre une impression de mystère et emmène le spectateur dans des endroits qui sont généralement hors de portée du public.

 

Comment avez-vous débuté dans la photographie ?
 

Quand j’avais 16 ans, mon père m’a offert un appareil photo Voigtländer. Je l’ai bien entendu amené avec moi pour documenter mon voyage lorsque je suis parti au Maroc en Mockick cette année-là. Depuis lors, l’amour de la photo ne m’a jamais lâché et j’ai continué à développer mes compétences.

 

Depuis près de 20 ans, la peinture joue elle aussi un rôle important dans ma vie. Jusqu’à l’année 2000, je me consacrais entièrement à la peinture abstraite, principale en laque acrylique. Puis au fil du temps, j’ai commencé à créer des collages combinant photo et peinture. J’imprimais par exemple mes photos sur des feuilles transparentes avant de les inclure dans mes tableaux ou de les fixer sur des plaques de laiton. Cela me permettait de faire varier l’image au fil du temps, ce que j’aime beaucoup. Je suis attiré par le changement et le processus de vieillissement, autant dans la vie qu’en photo et en impression.

 

 

Ce type de peinture m’a relancé en photo. À mesure que je me consacrais à ce médium, au point de pouvoir en tirer un revenu, la peinture a commencé à prendre moins de place dans ma vie.

 

L’année 2006 a été pour moi un tournant, lorsque je me suis rendu seul au Togo. Ce voyage a eu un impact important sur moi. J’ai ensuite travaillé pour une entreprise à Cologne pour laquelle je créais des concepts et organisais des workshops, avant de commencer à organiser mes propres ateliers. Aujourd’hui j’ai un certain nombre de clients réguliers pour lesquels je documente des événements, je crée des projets vidéo ou des portraits photo. Vivre de la photographie demande beaucoup de créativité, surtout quand il s’agit de répondre à des commandes. Mais j’adore mon métier et j’aime laisser libre cours à ma créativité lorsque je travaille sur des projets individualisés.

 
 

Quel type de photographie prenez-vous et qu’est-ce qui vous a motivé à vous concentrer sur ce genre ?
 

Mon principal centre d’intérêt est la photographie de reportage et de voyage, mais je me considère encore comme artiste photographe. Pour moi, l’art photographique implique d’approfondir l’image et de créer une connexion avec le sujet.

 

Cette motivation est née en 2006, lors de mon voyage au Togo. J’avais alors emporté avec moi un appareil Polaroïd et je voulais prendre des photos des gens qui vivent là-bas. J’avais pour habitude d’attendre que quelqu’un m’approche pour me demander de le photographier. Je prenais alors la photo et la donnais à la personne. Nous discutions et je prenais une photo de la personne avec son Polaroïd. Cette approche m’a permis de créer une véritable connexion et une histoire commune. J’ai par la suite publié un livre sur ce voyage.

 

 
 

Quel a été le plus grand accomplissement ou le plus grand obstacle que vous ayez rencontré dans de votre parcours ?
 

Ce sont les défis qui me motivent. Chaque commande offre un défi et m’encourage à me développer. Il est donc très difficile pour moi de définir un obstacle principal.

 

Mais je peux citer par exemple cette fois où on m’a demandé de tourner une vidéo sous terre, à une profondeur de 800 mètres. Il n’y avait pas d’électricité, et je devais amener l’ensemble du matériel d’éclairage avec moi. Je ne devais rien oublier et faire confiance à la technologie. Mais le risque et l’incertitude sont évidemment toujours présents.

 

 

Deuxième exemple, qui date un peu mais qui me paraît pertinent : la réalisation d’un court-métrage à partir de presque 2000 photographies : https://www.youtube.com/watch?v=IBkL_VsquoE

 

J’ai commencé par développer une idée. J’ai dû ensuite rechercher des lieux adaptés, puis une personne qui devait se mouvoir même lorsque j’utilisais une exposition longue. S’en est suivi l’édition d’images et l’ajout de détails manquant, encore et encore.

 

 

Dernier exemple enfin : mon voyage en Ethiopie, où j’ai voulu prendre des photos qui donnaient une impression réelle de la vie sur place. Je voulais faire le portrait de gens dans leur environnement quotidien, et je devais gagner leur confiance pour obtenir ces images. Je devais également me concentrer sur les moments révélateurs parmi la multitude de sensations et prendre la bonne photo. C’est un vrai défi. Il n’est pas toujours aisé de faire un reportage sur un agriculteur et de trouver des images « justes » qui offrent un aperçu de sa vie, de ses problèmes, des défis qu’il rencontre. Mais c’est ce qui rend ce travail si passionnant.

 

 
 

Par qui ou par quoi êtes-vous le plus inspiré ?
 

Le monde et ses habitants.

 
 

Quelle est votre démarche ? Existe-t-il un aspect que vous cherchez à réaliser lors de vos prises de vue (par exemple, créer certaines émotions, etc.), ou y a-t-il des techniques spécifiques que vous utilisez ?
 

Le point de départ d’une photo ou d’une série de photo est toujours pour moi le développement d’un concept. Je prends mon temps pour réaliser cette tâche et surmonter les obstacles. Cela demande une discussion préliminaire approfondie avec mon client pour pouvoir identifier ses besoins et y répondre, puis d’identifier les outils et conditions nécessaires – lumière, soleil, ombres… – afin de profiter pleinement du cadre et de travailler avec aussi peu d’artifices que nécessaire à la fin.

 

Je cherche toujours à raconter une histoire. Je dois donc m’y impliquer et connaître ses protagonistes. Ensuite, j’identifie les éléments que je trouve intéressants et j’utilise la perspective pour mettre en scène les relations dans mon image.

 
 

Pourquoi la précision des couleurs est-elle importante dans votre travail ?
 

Les couleurs (ou l’absence de couleurs dans les photos en noir et blanc) ont un rôle important dans la perception. Elles créent des émotions. Elles revêtent donc une importance capitale pour moi, puisque je veux que mes photos suscitent quelque chose chez le spectateur.

 

Dans le travail de commande, la reproduction des couleurs est vitale pour la satisfaction du client. Si les couleurs ne s’avèrent pas bonnes, tout le travail est un échec.

 
 

Des conseils ou des astuces pour les photographes qui débutent leur carrière ?
 

Je leur conseille de conserver leur curiosité. Restez curieux, approchez chaque situation avec l’esprit et les yeux ouverts. Laissez-vous aller plus loin et allez plus loin, ne restez pas avec ce qui vous plaît ou vous satisfait à première vue. Remettez toujours votre travail en question, et identifiez votre propre style.

 
 

 
 

A propos de l'auteur – Klaus Wohlmann

 

 

Klaus Wohlmann prend des photos depuis ses 16 ans. Malgré des études en commerce, son cœur a toujours battu pour la photographie et la peinture. Depuis 2007, il travaille en tant que photographe freelance et enseigne lors de workshops. Il a parcouru la Terre entière et focalise son travail sur les gens et leurs cultures.

 

Type de photographie : Récits et photographie de voyage

 

Nous avons contacté un certain nombre de nos Friends with Vision pour savoir comment ils s’étaient adaptés au Covid 19. Nous les avons interrogés sur les changements que la période a fait subir à leur travail et à leur modèle économique. Nous avons également voulu savoir s’ils avaient exploré de nouvelles techniques et s’ils avaient des conseils à proposer aux autres photographes Que vous cherchiez à innover, à améliorer votre travail ou à apprendre de nouvelles compétences, un changement d’approche peut parfois faire la différence, dans la vie comme en photographie.

 

 

 

Chris Lin

 

Chez Lin et Jirsa, nous avons mis en place de nouvelles procédures de sécurité lors de nos prises de vue. La plupart se basent sur les directives des autorités : masques, gel hydroalcoolique… Mais certaines sont particulière à notre secteur : utiliser le mode main libres dès que possible et une focale longue afin de maintenir la distance avec le modèle.

 

Notre modèle économique n’a pas fondamentalement changé, mais nous avons lancé quelques campagnes promotionnelles : réductions sur nos travaux encadrés et sur la pré-réservation de mini-sessions pendant les vacances, chèques-cadeaux…

 

Mon conseil aux autres photographes : rester positif ! La pandémie est certes une période très difficile, mais les réservations pour des mariages et événements en 2021 commencent à repartir. Nous avons dû réévaluer nos priorités et réduire nos dépenses, ce qui nous rendra d’autant plus compétitifs lorsque les réservations de nos clients retrouveront un rythme normal. Utilisez la période pour adopter de nouvelles techniques de marketing, développez votre présence sur le web, apprenez de nouvelles compétences.

 

linandjirsa.com

 


 

Mark Mawson

 

Cette pandémie complique beaucoup mon travail. Je me spécialise dans la photographie de fluides. J’ai donc souvent besoin d’assistants pour verser ou jeter les liquides car il m’est souvent impossible de m’occuper de cette tâche tout en prendre ma photo au bon moment.

 

J’ai dû adopter un processus plus simple. J’ai essayé de prendre des photos dans mon studio personnel pour promouvoir le travail à domicile. J’espère qu’ils plairont à des clients et que ceux-ci accepteront de m’accompagner dans cette démarche.

 

J’essaie de m’adapter. Mon conseil aux photographes serait donc de se mettre à la place du client et d’imaginer le genre d’images qu’il pourrait désirer pour représenter la période que nous traversons. J’espère que les choses reviendront à la normale d’ici peu.

 

Markmawson.com

 


 

Luke Stackpoole

 

Mon modèle économique a beaucoup changé. D’habitude, je passe mon temps à voyager et à créer des contenus un peu partout dans le monde pour mes clients commerciaux et pour les institutions touristiques locales. Bien entendu, ces voyages ne sont plus possibles. Je me consacre donc à la création de ressources pédagogiques pour celles et ceux qui voudraient mieux comprendre mon processus de travail. La période m’a également donné l’occasion de prendre un pas de recul, de réévaluer mes objectifs professionnels et de travailler à améliorer mon style.

 

Ces derniers mois j’ai me suis mis à la vidéo, ce qui s’est avéré à la fois difficile et enthousiasmant. Je crois que la vidéo jouera un rôle important dans mes futurs projets, une fois le confinement terminé. Je suis très intéressé par la récente mise en avant des drones FPV. L’un de mes prochains objectifs va être de m’en procurer un et d’apprendre à m’en servir.

 

L’agenda d’un photographe est toujours bien rempli. Je conseillerais donc de considérer ce ralentissement forcé comme une occasion de prendre un temps de recul et de réflexion, d’essayer de nouvelles choses et de diversifier votre activité pour répondre à cette « nouvelle norme » à travers une plus grande présence en ligne ou une plus grande variété d’images. J’en ai profité pour passer en revue mes archives et j’y ai trouvé quelques photos qui étaient passées au travers des mailles du filet et sur lesquelles j’ai pris du plaisir à travailler.

 
withluke.com

 


 

Holly McGlynn

 

Lorsque la pandémie a frappé, mon activité s’est évaporée du jour au lendemain. Les séances ont été annulées ou reportées sine die, et comme la crèche de mon fil a fermé, j’ai dû me consacrer à lui pendant cette période. Je me suis cependant ménagé des moments pour travailler et faire le point sur mon activité. Je propose désormais des évaluations de portfolio à destination d’autres photographes émergents ou établis. J’ai créé une page d’achat sur mon site, sur laquelle les photographes peuvent acheter une évaluation de portfolio. Ils m’envoient leurs images par WeTransfer et nous fixons un rendez-vous vidéo pour discuter et modifier le portfolio. J’ai beaucoup aimé rencontrer de nouveaux photographes, découvrir leur travail et exploiter mes compétences en édition.

 

Je suis photographe de mode, et je suis passionnée par l’écologie. J’ai donc utilisé cette occasion pour suivre une formation en ligne sur la mode et le développement durable proposée par le Centre for Sustainable Fashion au London College of Fashion. J’ai été fascinée par la complexité du domaine et par les solutions potentielles.

 

J’ai également pris du temps pour mettre à jour mon site et mes comptes sur les réseaux sociaux. J’ai aussi organisé des workshops pour des clients sur Instagram. Mais pour l’essentiel, j’ai lu et j’ai profité de ma famille en essayant de ne pas trop me focaliser sur une situation professionnelle à laquelle je ne peux rien changer. Je crois que plus rien ne sera jamais comme avant, mais il me semble que c’est positif et nécessaire. J’ai bon espoir pour l’avenir.

 

hollymcglynn.com

 


 

Markus van Hauten

 

Lors de mon voyage en Islande, en janvier, j’étais loin de m’imaginer qu’il serait le dernier avant longtemps. C’est le cas pour la plupart d’entre nous, je pense.

 

Lorsque les premières restrictions de déplacement au sein de l’UE ont été mises en place, j’ai pris conscience de l’impact gigantesque qu’un virus peut avoir sur nous. J’ai dû annuler deux voyages en raison du Covid 19 et j’ai donc dû réfléchir à de nouvelles façons d’élargir mon portfolio.

 

J’ai la chance de vivre dans une région d’Allemagne qui n’a pas connu de confinement. J’ai donc pu me consacrer à mon environnement immédiat, ce que j’avais toujours voulu faire sans en avoir le temps.

 

Autre aspect de cette crise : le recours fréquent à des conférences en ligne et à des discussions sur internet. Je reste en contact avec mes clients par le biais de webinaires et de cours en ligne.
Mais bien sûr, je sais que cette crise laisse une marque sur le secteur de la photographie. Les temps sont durs et nous essayons tous de faire au mieux. J’utilise également mon temps pour me former en ligne. Les réseaux sociaux ont pris une place considérable et je crois que leur importance va continuer d’augmenter à l’avenir.

 

van-hauten.eu

 


 

Christian Høiberg

 

Je suis basé sur les îles Lofoten, une destination touristique très populaire au large de la Norvège, et les visites photographiques constituent une part non négligeable de mes revenus. Le Covid 19 a donc eu un impact important sur mon travail. La plupart de mes workshops ont été annulés et il est très peu probable que le tourisme international reparte cette année, mais j’ai bon espoir de pouvoir enseigner la photo à mes compatriotes dans cet environnement incroyable.

 

Fort heureusement, une grande partie de mon activité consiste à enseigner la photographie sur Internet. Avec le confinement, j’ai constaté une augmentation importante de l’intérêt pour les tutoriels, les ebooks et les articles gratuits. L’annulation de mes workshops m’a donné du temps pour écrire et j’ai même pu publier un nouvel ebook ainsi que d’autres ressources sur ma plateforme.
Mon modèle économique n’a pas énormément changé, car j’ai de multiples sources de revenus. Je me suis malgré tout davantage consacré à l’enseignement en ligne et j’ai finalisé des projets sur lesquels je travaillais depuis longtemps.

 

J’ai également exploré de nouvelles techniques de post-production. J’ai travaillé sur certains projets qui me posaient un problème depuis un moment et j’ai réussi à atteindre mes objectifs en termes de style.

 

Enfin, le soleil commence enfin à revenir dans le Grand Nord et la neige fond peu à peu. Il y a donc de nombreuses possibilités de randonner. J’ai hâte de m’y remettre et de me consacrer à la prise d’images de montagnes. Elles sont magnifiques.

 

Mon conseil aux autres photographes serait de ne pas désespérer ! La période est difficile pour tout le monde, et il ne fait aucun doute que les temps à venir seront compliqués. Croyez dans votre travail et continuez à créer les photos qui vous rendent heureux. Utilisez votre temps libre pour réfléchir à votre pratique et à rattraper votre retard en post-production. Cela peut également être un bon moment pour rééditer vos anciennes photos. Je recommanderais également d’utiliser ces moments pour apprendre de nouvelles choses, qu’il s’agisse de photo ou de pratiques commerciales. Essayons de nous concentrer sur les aspects positifs. Nous allons nous en sortir !

 

www.choiberg.com

 


 

Jeff Cable

 

Je me consacre essentiellement à la photographie événementielle et aux voyages (sans parler des Jeux Olympiques). La période est donc difficile pour moi. Toutes ces activités ont été annulées. Concernant l’événementiel, nous ne savons toujours pas quand il sera à nouveau possible d’organiser de grands rassemblements. Je contacte donc mes anciens clients qui n’ont jamais sélectionné d’images parmi celles que j’ai prises pour eux, et je les encourage à les choisir et à acheter des photos et des albums. Je ne peux pas dire que mon modèle économique ait beaucoup changé, mais la quantité de travail, certainement.

 

Le mois dernier, j’ai commencé à tourner des tutos vidéo pour ma chaîne YouTube. Cela faisait des années qu’on me le demandait, mais je n’avais pas le temps. Maintenant, je l’ai. J’avais l’habitude d’utiliser iMovie pour éditer mes vidéos, mais je voulais apprendre Adobe Premiere. J’y ai donc consacré le mois dernier et je suis maintenant assez compétent. J’ai terminé 32 vidéos que je mets en ligne peu à peu. Elles seront également présentées par B&H et par d’autres partenaires.

 

Mon conseil aux autres photographes : tenez bon, ça va passer. Si vous avez vraiment besoin d’argent, adaptez votre travail et essayez de prendre des photos dès que vous le pouvez pour vous créer un revenu. Si ce n’est pas le cas, accrochez-vous et apprenez de nouvelles techniques qui feront de vous un photographe plus complet. C’est le moment idéal pour construire votre image de marque, renforcer vos efforts marketing et affronter la tempête. Vous pouvez en sortir plus fort que jamais.

 

Jeffcable.com

 


 

Marcus Schwier

 

Beaucoup de choses ont changé en cette période de Covid 19. Les espaces urbains sont utilisés différemment ; les rues de villes comme New-York ou Paris sont quasiment vide, du jamais vu.
Je suis spécialisé dans la photo d’architecture, c’est donc une occasion unique pour moi d’ajouter un nouveau chapitre à ma série « Düsseldorf Still Life » que je veux un portrait de ma ville.

 

Des lieux habituellement très fréquentés comme le centre, la vieille ville ou l’aéroport sont désertés, départis de leur fonction. Le journal « Rheinische Post » l’a très bien raconté. Ma méthode de travail habituelle est de réagir à mon environnement. Je l’enregistre comme un sismographe. Lorsque je découvre un élément qui m’intéresse, je respire plus profondément. C’est souvent l’indication d’une image intéressante.

 

original-photos.de

 


 

Sascha Hüttenhain

 

Lors du Covid 19, mon travail n’a pas fondamentalement changé. Mais le temps que j’y passe, oui. Je travaille plus ou moins comme avant, mais il y a malgré tout quelque chose de différent. Quelque chose a changé, qui devrait se normaliser avec le temps.

 

J’ai heureusement des clients pour lesquels je produis des images commerciales. Ce travail reste possible : il suffit d’envoyer le produit par courrier avec un brief, suivi d’une conférence sur Skype.
Les prises de vue humaines sont plus compliquées. Il existe une réglementation très restrictive. Mais la reprise d’un rythme normal n’est qu’une question de temps.

 

Certains projets, nouveaux ou modifiés, m’ont poussé à mettre en place de nouvelles techniques. Il est très intéressant d’identifier de nouvelles façons de voir et de travailler à cause du coronavirus.
C’est certes inattendu, mais cela peut être positif : vous avez une occasion unique de vous améliorer en tant que photographe.

 

Mon conseil aux autres photographes serait : restez calmes et attendez. Les temps sont durs et incertains mais vous ne pouvez rien y faire…
J’utilise mon temps libre pour certains projets personnels que je n’ai pas eu l’opportunité de mettre en œuvre par le passé. Je suggère donc aux autres de faire de même.

 

www.huettenhain.com

   

Avec la photographie numérique, la première vue de nos images est sur l’écran au dos de l’appareil. Mais quelle est la fiabilité de cet aperçu d’image, ainsi que de l’histogramme qui peut également être affiché sur l’appareil photo ? Et, plus précisément, y a-t-il des moments où il vous donne des informations moins que précises sur la photo que vous venez de prendre ? Dans cet article, nous allons nous pencher sur cette question, en nous concentrant principalement sur le lien avec l’exposition avec les fichiers bruts.

 

L’aperçu de la caméra n’est pas le fichier brut

La première chose à comprendre à propos de l’image de prévisualisation d’une caméra est que dans la plupart des cas, il ne s’agit pas d’une vue du fichier brut réel. C’est un petit aperçu JPEG qui est créé à la volée. Selon la configuration de votre caméra, elle peut également appliquer des ajustements supplémentaires pour donner un léger coup de pouce au contraste et parfois à la saturation. Cela ressemble à la façon dont un appareil photo peut appliquer certains ajustements aux fichiers lorsque vous filmez en mode JPEG. Dans la plupart des appareils photo, vous pouvez désactiver ces réglages internes ou modifier vos propres réglages pour des éléments tels que la luminosité, le contraste, la saturation et la netteté. Et n’oubliez pas que même si vous avez configuré ces réglages et les avez activés, ils ne sont pas appliqués aux fichiers bruts.

 

 

Surexposition et coupures de presse

L’une des caractéristiques les plus utiles des appareils photo numériques est la possibilité de voir un histogramme de la prise de vue, ainsi qu’une indication de l’endroit où les hautes lumières de l’image peuvent être “coupées”, ou enregistrées comme un blanc total sans aucun détail. Cela se présente généralement sous la forme d’une superposition noire clignotante sur les zones de hautes lumières coupées. Mais il est important de garder à l’esprit que lorsqu’il s’agit de découper les hautes lumières (et, dans certains cas, les ombres), l’histogramme et l’affichage des découpages peuvent ne pas être précis. Sur mon appareil photo, par exemple, j’ai appris qu’un plan qui montre un détourage des hautes lumières sur l’aperçu de l’appareil peut ne pas avoir de détourage lorsque je travaille avec le fichier Raw dans
 
Lightroom ou Adobe Camera Raw.
Regardez l’image ci-dessous. C’est une photo de l’affichage d’une prise de vue qui comprend quelques tons d’ombre, beaucoup de tons moyens, ainsi que des reflets très lumineux dans le déferlement des vagues. L’affichage de l’appareil photo montre le noir clignotant de la zone de surf brillante. En outre, les hautes lumières semblent également être coupées dans l’histogramme de la caméra.

 

 

 

Si vous preniez l’affichage de l’appareil photo (l’histogramme et l’avertissement de coupure) à la valeur faciale, vous pourriez être amené à ajuster les réglages de votre appareil photo pour réduire l’exposition. Mais je ne l’ai pas fait parce que, connaissant mon appareil photo comme je le connais, je sais qu’il y a généralement un écart entre l’avertissement de coupure sur l’écran de l’appareil et ce que je vois réellement lorsque je travaille avec le fichier Raw dans Lightroom. Une coupure dans l’affichage de la caméra signifie généralement qu’il n’y a pas de coupure, ou alors une coupure très mineure, dans le fichier Raw réel.
 
Vous pouvez le voir ci-dessous. Le fichier Raw non ajusté dans Lightroom ne montre aucun détourage des hautes lumières (le triangle de détourage des hautes lumières au-dessus de l’histogramme n’est pas activé), et l’histogramme est sensiblement différent de celui de la caméra, qui montre un détourage des hautes lumières. Dans le cas de cette image, un arrêt de surexposition de 1 et 1/3 me donne un excellent fichier sans détourage des hautes lumières, même si la caméra suggère qu’il y a un détourage important. Votre “kilométrage” peut bien sûr varier en fonction de votre appareil photo, mais il s’agit de déterminer l’importance de la variance afin de pouvoir interpréter plus précisément ce que vous indique l’histogramme de l’appareil photo et l’aperçu de l’image.

 

 

Il est important de faire quelques tests pour voir les différences possibles entre la façon dont votre appareil photo affiche le détourage des hautes lumières et l’aspect du fichier Raw dans les logiciels de retouche d’images. Il s’agit là d’informations extrêmement importantes que vous pouvez utiliser pour évaluer les expositions en regardant l’image et l’histogramme au dos de la caméra. Par exemple, le plan de la scène côtière ci-dessus était le plan le plus lumineux d’une séquence HDR en trois prises. Mais si je n’avais pris qu’un seul cliché et si je ne connaissais pas déjà la différence entre la manière dont mon appareil photo affiche le détourage des hautes lumières et le détourage des hautes lumières proprement dit, je pourrais être amené à modifier mon exposition et à prendre un autre cliché. Mais en me basant sur l’aspect du fichier brut, je sais que la coupure n’est pas aussi mauvaise que ce qu’indique l’affichage de l’appareil, que je peux ajuster le fichier brut et qu’aucun détail des hautes lumières ne sera perdu.

 

 

 


 

Bio:

Seán Duggan est un photographe d’art, un auteur, un éducateur et un expert Photoshop certifié par Adobe. Il possède une vaste expérience de la chambre noire traditionnelle et numérique. Par ses écrits et son enseignement, il aide les photographes à maîtriser la photographie numérique et les techniques de la chambre noire numérique depuis plus de 15 ans. Sa philosophie de base est d’aider les gens à voir les possibilités d’image dans n’importe quelle situation, à rechercher l’extraordinaire dans l’ordinaire et à trouver des façons uniques et personnelles d’interpréter une scène, à la fois avec l’appareil photo et dans la chambre noire numérique.

 

Il a plus de 20 cours en ligne sur la photographie, Photoshop et la création d’images mobiles à LinkedIn Learning / Lynda.com, y compris la série régulière Mobile Photography Weekly. Il est le co-auteur de Photoshop Masking & Compositing (2ème édition, 2012), Real World Digital Photography (3ème édition, 2010), The Creative Digital Darkroom (2008), Photoshop Artistry (2006), et sa rubrique Lightroom Tips peut être consultée dans le Lightroom Magazine de Kelby Media.

 

URL:seanduggan.com