Photographier les feux d’artifice

 

Flashs de lumière

 

Depuis l’origine, les flashs de lumières font partie de la photographie. La poudre explosive a été l’une des premières méthodes utilisées pour éclairer un sujet. Le photographe allumait une poudre de métaux et de chlorate sur un plateau pour créer un flash lumineux qui pouvait s’avérer extrêmement dangereux.
 

Cette périlleuse méthode permettait d’éclairer la pièce où, bien souvent, des personnes posaient en habits du dimanche et étaient sans doute choquées devant ces micro-explosions. Cet éclair de lumière, cette bouffée de fumée et ce bruit impressionnant créait chez eux une expression de surprise qui se retrouvait gravée sur film pour l’éternité, ou du moins jusqu’à ce que ce que la photo s’estompe.
 

 

Ces méthodes ont évolué et sont aujourd’hui bien plus sécurisées, mais elles continuent de vivre devant l’objectif. On peut d’ailleurs encore les croiser dans certains domaines de la photographie, où la pyrotechnie et la fumée créent un sentiment d’émerveillement et de magie. Mais rien ne rend aussi heureux qu’un feu d’artifice qui apporte ses couleurs à chaque occasion.
 

 

Un spectacle lumineux dans le ciel

 

Je vis à Londres, très grande ville où j’ai souvent l’occasion d’assister à des célébrations. Si celles-ci se sont bien sûr faites plus rares ces dernières années, elles commencent peu à peu à revenir.
 

Parmi ces fêtes, le feu d’artifices de Battersea Park, dont je suis photographe officiel depuis quelques années.
 

À bien des niveaux, les photos de feux d’artifice représentent un challenge pour les photographes : variations de lumières, conditions climatiques, présence de la foule… Les défis sont multiples.
 

Voici quelques astuces que j’ai acquises au fil du temps. Je commencerai par l’équipement.
 

 

ÉQUIPEMENT

 

Trépied : Il s’agit de l’un des éléments essentiels que vous devez emporter avec vous. Les explosions de feux d’artifice que nous photographions exigent un temps de pause assez long. Vous devez donc chercher à acquérir une stabilité aussi importante que possible sur les lieux. Faites attention aux autres spectateurs qui peuvent trébucher sur votre appareil dans l’obscurité, et trouvez un trépied qui saura résister au vent ou à la boue. Pour ma part, j’aime utiliser un trépied à tête sphérique qui me permet d’ajuster très rapidement ma composition quand les événements demandent une grande réactivité.

 

Appareil photo: Le meilleur appareil, c’est celui que vous avez. N’importe quel appareil permet de prendre des photos de feux d’artifice. Les téléphone les plus récents fonctionnent tout aussi bien, particulièrement ceux qui disposent d’un mode Pro permettant de régler la vitesse d’obturation. Assurez-vous que le capteur de l’appareil est parfaitement propre, car l’intensité des lumières peut rendre visibles les particules de poussières.

 

Objectif : la rapidité des événements que vous photographiez rend utile un objectif à zoom rapide offrant une large gamme de distances focales. Un 24-70 mm f2.8 est idéal et vous permet d’ajuster votre cadrage très rapidement; En fonction du point de vue que vous adoptez, un grand-angle (~15 mm) peut vous permettre de capturer les feux d’artifices de grande taille.

 

 

RÉGLAGES 

 

C’est le temps de pause qui joue le rôle plus important pour les photos de feu d’artifice. Vous ne voulez pas rater le bouquet final ! Le choix d’une vitesse d’obturation adaptée dépend du type de feux d’artifices. Pour les événements les plus actifs, j’opte généralement pour une vitesse entre 3 et 5 secondes. Plus rapide, et vous ne capturez plus grand chose. Plus lent, et tous les feux d’artifice se confondent. Essayez d’obtenir au moins 4 ou 5 explosions dans chaque cliché. Les professionnels utilisent souvent un déclencheur à distance. Cela vaut la peine de l’envisager : appuyer vous-même sur l’obturateur risquerait en effet de faire trembler votre appareil.
 

La pose B est une autre technique utile, qui vous donne un contrôle complet sur la durée d’ouverture de l’obturateur plutôt que de vous appuyer sur une période prédéfinie. Elle vous permet fermer l’obturateur au moment où vous jugez que suffisamment de feux d’artifice ont été capturés, et s’avère très utile lors de spectacles au rythme variable. Vous pouvez même couvrir l’objectif avec un tissu noir ou avec un carton pour deux explosions pour ne capturer que les meilleurs moments.
 

Un ISO faible est préférable pour vous assurer que vos photos sont aussi nettes que possible. 200 ISO suffisent largement.
 

Une ouverture moyenne de l’ordre de F11 est un bon point de départ pour les feux d’artifice. En cas de sous-exposition, augmentez l’ouverture. Dans le cas inverse, passez à un F plus élevé.
 

Utilisez une mise au point manuelle. Rien n’est plus agaçant que de rater une belle explosion parce que votre appareil recherche la mise au point. Désactivez l’autofocus et mettez au point sur l’infini avant que le premier feu ne soit lancé. Vous pourrez ensuite prendre vos images avec l’assurance d’une netteté parfaite. Vérifiez simplement que tout se passe bien après vos premières prises de vue. Il est important que la mise au point soit nette.
 

 

ESTHÉTIQUE 

 

La composition joue un rôle clé dans de nombreux styles de photographies. Et c’est également pour celui qui nous occupe. Si vous voulez réellement faire passer vos photos de feux d’artifice au niveau supérieur, vous devez prendre ces éléments en compte. Cherchez le récit et l‘émotion dans vos photos. Avez-vous la possibilité de capturer l’émerveillement de la foule, leurs silhouettes ou leurs réactions à une forte explosion ? Pouvez-vous vous positionner pour donner l’impression d’une marée humaine à vos pieds et donner aux feux d’artifice une échelle impressionnante ? Quelle référence locale pouvez-vous inclure pour situer l’action : monument local, paysage… Tout ce qui situe le spectateur dans l’action et qui permet de l’émerveiller. La même chose est valable pour les feux de joie : l’émotion et la chaleur sont les meilleurs thèmes.
 

 

Prêtez attention au vent et à la fumée des feux d’artifice. Si vous le pouvez, positionnez-vous dos au vent. Si ce n’est pas le cas, vous risquez de voir une barrière de fumée se positionner entre votre appareil et le spectacle.
 

 

FINALE 

 

Au-delà de tous ces conseils, assurez-vous de bien profiter du spectacle et de vous émerveiller. Levez les yeux de votre appareil et admirez les couleurs dans le ciel. Quand vous regarderez vos photos plus tard, elles réveilleront les émotions que vous avez ressenties ce soir-là.

 
 

A propos de l'auteur – Chris Dalton

 

Chris Dalton est un photographe et architecte professionnel basé à Londres. Il se spécialise dans la photographie de portraits et de paysages urbains, et son travail tend à combiner ces deux disciplines.

 

Autodidacte, Chris a commencé par photographier des bâtiments dans le cadre de ses études d'architecture, avant de passer à un style plus urbain. Ses photos offrent une perspective nouvelle et unique sur la ville de Londres à travers des compositions étonnantes et des paysages urbains époustouflants. Son travail est célébré pour ses couleurs vives, ses symétries parfaites et l'utilisation artistique de longs temps de pose. On peut parfois le croiser allongé sur le sol en train de chercher un angle intéressant sur une plaque d'égout !

 

Chris a vu son travail récompensé par de nombreuses organisations britanniques, dont Time Out, Visit London, The Metro et Transport for London. Il est actuellement ambassadeur Samyang Lenses, Mi Creator pour Xiaomi Studios et organise des workshops à Londres destiné à toutes celles et ceux qui veulent apprendre à utiliser leurs appareils.

 

Genres : Paysage urbain

   

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